Algérie – CAN : À l’heure d’aborder un nouveau choc face au Nigeria, l’Algérie peut s’appuyer sur une donnée rarement mise en avant mais pourtant lourde de sens : la dynamique des confrontations récentes. Sur les quatre derniers duels entre les deux sélections, les Verts sont sortis vainqueurs à chaque fois, dans des contextes pourtant très différents. De la qualification sur tapis vert lors des éliminatoires du Mondial 2018, au succès fondateur en demi-finale de la CAN 2019, en passant par deux victoires en matchs amicaux disputés à l’extérieur comme à domicile, l’Algérie a progressivement installé une forme d’ascendant psychologique sur l’un de ses rivaux historiques du continent.
Cette série ne se limite pas à une succession de résultats bruts. Elle raconte une évolution dans la manière dont l’Algérie aborde ce type d’adversité. En juillet 2019, lors de la Coupe d’Afrique des Nations, la victoire 2-1 face au Nigeria a marqué un tournant. Ce match, longtemps résumé au coup franc légendaire de Riyad Mahrez, a surtout révélé une équipe capable de gérer la pression, de répondre à l’intensité nigériane et de faire basculer une rencontre sur des détails maîtrisés. Les succès amicaux de 2020 et 2022 ont ensuite confirmé que cette supériorité n’était pas circonstancielle. Même hors compétition officielle, l’Algérie a su imposer son tempo, contrôler les temps forts adverses et faire preuve d’une maturité tactique rarement démentie.
Pour autant, cette série favorable ne saurait suffire à garantir l’issue du prochain affrontement. Le Nigeria reste une nation imprévisible, capable de se réinventer d’un tournoi à l’autre, avec une densité athlétique et une qualité offensive qui imposent le respect. Mais dans un quart de finale où la dimension mentale pèsera lourd, ces précédents récents constituent un socle de confiance non négligeable pour les Verts. Ils rappellent que l’Algérie sait battre le Nigeria, et surtout qu’elle a appris à le faire dans des contextes variés. À ce stade de la compétition, l’enjeu n’est plus de regarder dans le rétroviseur, mais de transformer cette mémoire collective en lucidité et en exigence. L’histoire récente ne joue pas les matchs à la place des joueurs, mais elle façonne un état d’esprit. Et face au Nigeria, l’Algérie avance avec une certitude discrète : ce duel, elle sait comment l’aborder.


































