Algérie – CAN : Depuis plusieurs semaines déjà, l’Algérie avait choisi de briser un silence longtemps entretenu autour de l’arbitrage africain, non pas pour se poser en victime circonstancielle, mais pour pointer un malaise structurel qui dépasse largement le cadre d’un match ou d’une sélection. Lors de la CAN 2025, les responsables algériens avaient exprimé, avec une prudence institutionnelle assumée, leurs réserves sur le niveau global de l’arbitrage, dénonçant une accumulation de décisions contestables, une incohérence dans l’application des consignes et une perte de crédibilité progressive au plus haut niveau continental. À l’époque, ces alertes avaient été accueillies avec distance, parfois même avec ironie, au motif que l’Algérie n’était pas directement concernée par certaines rencontres incriminées. Pourtant, le temps a fini par donner raison à cette lecture lucide : aujourd’hui, les critiques se généralisent, les langues se délient et ce qui était hier qualifié de “surenchère” devient désormais un constat partagé par plusieurs acteurs majeurs du football africain.
La demi-finale impliquant le pays hôte a agi comme un révélateur brutal. L’arbitre désigné pour cette rencontre s’est retrouvé au centre d’une tempête médiatique inédite, au point que son propre camp organisationnel n’a pas hésité à le pointer du doigt. Selon des révélations largement relayées, le président de la fédération marocaine, Fouzi Lekjaa, aurait exprimé une vive colère à l’encontre du corps arbitral, reprochant au juge ghanéen de ne pas avoir appliqué certaines orientations prévues en amont. Une séquence lourde de sens, qui a mis en lumière l’existence de pressions diffuses et d’un climat malsain autour de la désignation des arbitres dans les matchs à fort enjeu. Dans ce contexte, la Confédération africaine de football se retrouve sous tension, sommée de composer entre équilibres politiques internes, influences géographiques et surveillance accrue de la FIFA, qui réclame, elle, un arbitrage “mondial” pour la finale afin d’éviter un scandale institutionnel.
Ce malaise rejaillit également sur la situation paradoxale de l’Algérie. Alors même que le continent reconnaît unanimement la valeur de Mustapha Ghorbal et de son équipe, leur présence en finale semble compromise pour des raisons qui n’ont strictement rien de sportives. Une ironie cruelle, alors que l’arbitrage algérien incarne aujourd’hui l’un des derniers bastions de crédibilité en Afrique. L’idée de les cantonner à un match de classement, voire de les écarter totalement, alimente un sentiment d’injustice largement partagé. Pendant ce temps, certains scénarios évoquent des désignations orientées, issues de pays liés directement ou indirectement aux centres de décision de la CAF, au risque d’accentuer la défiance. Ce que l’Algérie dénonçait hier avec retenue devient désormais une évidence pour beaucoup : le problème n’est plus un match, ni une sélection, mais un système. Et lorsque tout le monde finit par dire ce que l’Algérie avait osé dire en premier, ce n’est plus une polémique, c’est un aveu.
Lire aussi : C’est la guerre autour de la révélation de l’équipe d’Algérie

































