Maroc – CAN : L’histoire de la Coupe d’Afrique des Nations réserve parfois des coïncidences troublantes, presque cycliques, qui nourrissent les récits et les projections. L’une d’elles refait surface en 2025 après l’élimination du Cameroun par le pays hôte. Chaque fois qu’un organisateur a réussi à sortir les Lions Indomptables de la compétition, le scénario s’est souvent conclu par un sacre final. En 1970, le Soudan avait dominé le Cameroun 2-1 avant de décrocher, à domicile, le premier et unique titre continental de son histoire. Seize ans plus tard, l’Égypte avait éliminé le Cameroun aux tirs au but, puis soulevé le trophée devant son public, inscrivant cette édition dans la légende du football africain.
La répétition du schéma s’est poursuivie dans les années 1990. En 1996, l’Afrique du Sud, pays organisateur, avait surclassé le Cameroun 3-0 avant de remporter la CAN pour la première fois de son histoire. À chaque fois, le Cameroun, nation majeure du continent, a servi de test ultime, de seuil symbolique à franchir pour accéder au sommet. En 2025, le Maroc se retrouve dans une situation étrangement similaire. En battant les Lions Indomptables 2-0, les Lions de l’Atlas ont non seulement validé leur qualification, mais ravivé une mémoire collective que les observateurs africains connaissent bien. L’élimination du Cameroun agit souvent comme un déclencheur, un signal annonciateur d’un parcours victorieux pour le pays hôte.
Reste désormais à savoir si le Maroc saura prolonger cette tradition lourde de sens. Près de quarante-neuf ans après son unique sacre continental, le royaume se retrouve face à l’histoire, porté par un public acquis à sa cause et une équipe en pleine maturité. Les précédents ne garantissent rien, mais ils nourrissent l’imaginaire d’une compétition où les symboles comptent presque autant que le jeu. Sortir le Cameroun n’est jamais un acte anodin dans une CAN ; c’est souvent un message envoyé au reste du continent. Pour les Lions de l’Atlas, la question n’est plus seulement sportive : sauront-ils transformer ce signe du passé en réalité présente et inscrire, à leur tour, leur nom dans cette curieuse continuité africaine ?
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