Algérie – CAN – Petkovic : À quarante-huit heures du huitième de finale face à la République démocratique du Congo, l’Algérie vit ces heures suspendues où chaque détail prend une ampleur démesurée. Le rendez-vous de mardi concentre toutes les conversations, toutes les hypothèses, et surtout toutes les interrogations autour des choix à venir de Vladimir Petkovic. Comme souvent avant un match à élimination directe, la composition probable alimente les débats, et un nom cristallise particulièrement les discussions : Ramiz Zerrouki. Titularisé contre la Guinée équatoriale, après n’avoir grappillé que quelques minutes face au Soudan, le milieu a même porté le brassard pour la première fois, symbole rare et lourd de sens. Sa prestation, correcte sans être éclatante, pose toutefois une question simple : sera-t-elle suffisante pour le maintenir dans le onze face à une RDC athlétique et agressive ? Avec les retours attendus de Ismaël Bennacer et Hicham Boudaoui, la probabilité de revoir Zerrouki débuter paraît mince. Le staff avait volontairement préservé Bennacer lors du dernier match pour éviter une suspension, tandis que Boudaoui, ménagé en raison de ses antécédents physiques, devait être à pleine capacité pour ce rendez-vous.
Cette situation renvoie à une réalité plus large, souvent ingrate, du football international algérien : la relation exigeante, parfois rude, entre certains joueurs et le public. Zerrouki n’est pas sans rappeler le cas de Saïd Benrahma, longtemps critiqué malgré des performances honorables, jusqu’à en payer le prix psychologique. Là où Benrahma avait fini par s’éloigner, Petkovic a fait un autre choix avec Zerrouki : le maintenir, le protéger, et surtout lui adresser un signal fort. Lui confier le brassard, même de manière éphémère, relevait moins d’une hiérarchie que d’un message. Le sélectionneur sait que le tournoi est long, que les certitudes d’aujourd’hui peuvent vaciller demain, et que la valeur d’un groupe se mesure aussi à l’engagement de ceux qui n’entrent pas toujours dans le cadre. Dans un vestiaire où la concurrence est féroce, ce geste avait pour vocation de souder, pas de flatter.
Car Petkovic raisonne à l’échelle du tournoi, pas du match. Zerrouki, par son sens du placement et ses qualités défensives, offre une solution tactique précieuse en cours de rencontre. Contre la Guinée équatoriale, lorsque Youcef Atal montait pour créer le surnombre, Zerrouki coulissait pour fermer le couloir et couper les transitions adverses. Ce genre d’ajustement, invisible pour le grand public, pèse lourd dans les matchs couperets. À l’heure d’aborder la RDC, l’Algérie aura besoin de toutes ses ressources, titulaires ou non. Petkovic le sait : gagner une CAN ne se résume pas à aligner onze noms, mais à préparer chaque homme à répondre présent quand l’histoire l’exige. Zerrouki, qu’il débute ou qu’il attende son heure, fait pleinement partie de ce plan.
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