CAN – Maroc : La prise de parole du sélectionneur nigérian Eric Chelle a jeté une lumière crue sur les coulisses de la CAN 2025, en révélant un malaise organisationnel rarement exposé avec autant de franchise à ce stade de la compétition. Sans détour, le technicien a décrit les difficultés rencontrées par son équipe en dehors du terrain, expliquant que les deux derniers jours avaient été particulièrement éprouvants en raison des conditions de séjour. « Nous avons été très affectés ces derniers jours par la nature de la nourriture proposée, très lourde. On nous a imposé des plats traditionnels comme le couscous au dîner, ainsi que le “mjammar” au déjeuner d’hier », a-t-il confié. Des propos qui dépassent l’anecdote culinaire pour poser la question de l’adaptation logistique aux exigences du sport de haut niveau, surtout dans une phase aussi avancée du tournoi.
Eric Chelle a tenu à préciser que son staff avait tenté d’éviter toute polémique publique, malgré un inconfort devenu difficilement gérable. « Nous ne voulions pas créer de problèmes, nous souhaitions changer d’hôtel, et la CAF est intervenue à la dernière minute », a-t-il ajouté, laissant entendre que la situation avait frôlé le point de rupture. Plus surprenant encore, le sélectionneur nigérian a évoqué un épisode inattendu, presque surréaliste, survenu dans l’établissement censé accueillir une délégation engagée dans une demi-finale continentale. « Nous avons été surpris par l’organisation de deux mariages hier soir. Normalement, l’hôtel ne devait accueillir aucun événement. En rentrant de la conférence de presse, j’ai découvert un cortège de mariage qui m’a rappelé ceux que l’on voit à Oran », a-t-il raconté. Une scène qui illustre, selon lui, un décalage préoccupant entre les standards requis par une CAN et la réalité vécue par certaines équipes.
Sur le plan sportif, Eric Chelle a également tenu à clarifier ses propos, notamment ceux ayant pu être interprétés comme une remise en cause de la capacité de son équipe à s’imposer. « Je n’ai jamais dit que mon équipe était incapable de gagner. J’ai dit que nous étions fatigués après avoir affronté l’Algérie », a-t-il insisté. Le sélectionneur a même tenu à rendre hommage aux Verts, soulignant la qualité de leur prestation : « Même s’ils n’étaient pas dangereux pour notre but, ils ont été très forts dans les duels. Nous avons affronté l’équipe la plus solide tactiquement et techniquement de cette CAN. » Une reconnaissance appuyée qui contraste avec la virulence de ses critiques organisationnelles. À travers cette sortie, Eric Chelle a non seulement défendu son groupe, mais aussi mis en évidence une réalité souvent tue : à ce niveau de compétition, les détails extra-sportifs peuvent peser aussi lourd que les choix tactiques.

































