Ramy Bensebaini, cadre de l’équipe d’Algérie, vit une période particulièrement frustrante au Borussia Dortmund. Alors qu’il a enfin retrouvé l’intégralité de ses capacités physiques après plusieurs semaines de blessure, l’international algérien ne parvient toujours pas à regagner une place dans le onze titulaire. Pire encore : aujourd’hui, face au Bayer Leverkusen, Niko Kovac a de nouveau choisi de le laisser sur le banc, confirmant un malaise grandissant autour de son statut.
Ce choix interpelle, d’autant que Bensebaini représente l’un des cadres de l’équipe d’Algérie, dirigée par Vladimir Petkovic, qui compte sur lui pour stabiliser une défense en chantier. Au moment où la CAN approche à grands pas, le manque cruel de compétition du défenseur fait craindre un impact direct sur sa forme et son rendement avec les Verts.
En conférence de presse précédant le choc de Bundesliga, Kovac avait déjà semé le doute en tenant des propos pour le moins déroutants. Il a d’abord justifié la non-titularisation par le retour progressif du joueur :
« Il a été blessé pendant quelques semaines. Maintenant, il est revenu sur le banc depuis deux matchs, mais il n’est pas encore totalement prêt. Ça va mieux. »
Un discours classique… mais seulement en apparence. La suite, elle, a surpris tout le monde.
« Ramy a fait un excellent travail en remplaçant Schlotterbeck dans l’axe, mais je le vois aussi à gauche… ou en six. »
Ce dernier détail a fait l’effet d’une bombe. Kovac songe clairement à repositionner Bensebaini en sentinelle, un poste qui ne fait absolument pas partie de ses zones naturelles. Passer de défenseur axial ou latéral gauche à numéro six est un bouleversement majeur, qui demande une vision de jeu différente, une gestion des transitions plus exigeante et une responsabilité accrue dans la relance.
Or, à quelques semaines d’une compétition aussi intense que la CAN, cette expérimentation tombe au plus mauvais moment. Vladimir Petkovic, qui tente de reconstruire une équipe solide et cohérente, a besoin de certitudes, pas d’un joueur en pleine transition tactique et en manque de rythme. Le sélectionneur doit déjà composer avec divers pépins physiques et une instabilité défensive ; voir l’un de ses cadres principaux enchaîner les matchs sur le banc n’est clairement pas une bonne nouvelle.
Le constat est simple : Bensebaini a besoin de jouer, et vite. Chaque minute passée sans compétition creuse un peu plus son retard physique et mental par rapport à ses coéquipiers. Pour un joueur habitué aux responsabilités et aux grands rendez-vous, cette situation est aussi frustrante que dangereuse.
Reste à savoir si Kovac lui redonnera prochainement sa chance ou s’il poursuivra dans cette stratégie déroutante. Mais une chose est sûre : entre les choix de Dortmund et l’urgence de la CAN, les nerfs de Bensebaini – et ceux des supporters algériens – sont mis à rude épreuve.



































