Algérie – Bounedjah : Quand les grands attaquants entrent dans l’arène continentale, ils ne laissent généralement pas leur signature sur un simple tableau de statistiques. Ils laissent une empreinte, un récit, une impression indélébile. C’est précisément ce qu’a illustré Baghdad Bounedjah lors de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 au Maroc, et c’est ce que Walid Acherchour, observateur avisé du football africain, a tenté d’exprimer dans une récente analyse. Pour Acherchour, Bounedjah ne se contente pas de jouer, il incarne un type rare d’avant-centre : un attaquant dont les mouvements, l’investissement physique et la présence sur le terrain racontent une histoire plus large que celle d’un simple rôle. Il évoque, sans détour, des noms qui ont marqué l’imaginaire collectif — Gibril Cissé ou Pauleta — deux joueurs connus autant pour leur caractère flamboyant que pour leur efficacité dans des moments clés. Ainsi, pour Acherchour, Bounedjah n’est pas seulement un buteur ; il est une force, un moteur d’énergie aux allures de meneur silencieux.
L’analyse d’Acherchour met surtout l’accent sur l’intensité du travail fourni par Bounedjah. Dans un tournoi où la cadence est infernale et où chaque minute compte, le rôle d’un attaquant ne se limite pas à transformer une opportunité en but. Il exige de harceler, de décrocher, de provoquer des espaces, de mobiliser des adversaires. Et c’est précisément dans cette multiplicité d’actions que Bounedjah se révèle. Pour Acherchour, ce n’est pas seulement la qualité du geste ou la précision du tir qui impressionne, mais cette énergie presque palpable qui semble parcourir chacun de ses mouvements. Dans les gradins comme sur le bord du terrain, cet investissement est visible, presque sensoriel. Peu importe les frustrations ou les échecs tactiques d’un match, l’attaquant libyen — naturalisé algérien — incarne une forme d’abnégation que beaucoup d’équipes recherchent désespérément.
Mais il y a une autre couche dans l’approche d’Acherchour : celle de la générosité collective. Bounedjah ne joue pas seulement pour lui-même. Sa façon de s’immerger dans le collectif, de créer des opportunités pour ses coéquipiers, de se placer souvent dans l’ombre pour ouvrir des brèches, raconte davantage qu’une individualité forte. C’est un joueur qui, selon l’analyste, attend un certain niveau d’engagement de la part de son équipe, précisément parce qu’il donne sans compter. Cette dynamique est souvent ce qui distingue les équipes qui aspirent au titre de celles qui s’arrêtent à un ou deux tours. Dans un tournoi continental comme la CAN, où la variété des styles de jeu et l’intensité des confrontations exigent adaptabilité et altruisme, la présence d’un attaquant qui rassemble, qui charge de l’énergie et qui motive son groupe à faire plus est un atout inestimable. Pour Acherchour, cela ne fait aucun doute : Bounedjah n’est pas simplement une option offensive. Il est l’un des architectes invisibles de la performance de l’Algérie. Et dans un contexte où les succès se construisent souvent sur la somme des efforts individuels, cette vision repose sur une vérité profonde : parfois, les joueurs parlent sur le terrain bien plus fort que dans les statistiques.
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