Algérie – Petkovic : Dans le tumulte qui accompagne toujours les grandes compétitions, les voix qui se lèvent autour de l’équipe nationale ne sont jamais anodines. Ces derniers jours, un débat a émergé autour de Vladimir Petkovic, sélectionneur de l’Algérie, critiqué publiquement par un ancien international. C’est dans ce contexte qu’est intervenu Walid Al-Aqel, journaliste sportif algérien, qui a choisi de prendre la parole pour défendre le travail de l’entraîneur suisse. Sa réaction, franche et assumée, a résonné fortement, car elle ne s’attaque pas seulement à des critiques, mais interroge la mémoire collective du football algérien. Pour lui, il est trop facile de juger sans rappeler d’où l’équipe nationale revient. Il a souligné que certains anciens joueurs, qui se permettent aujourd’hui d’évaluer, n’avaient pas eux-mêmes réussi à hisser l’Algérie au niveau de performance que le public exige aujourd’hui. À travers ses propos, c’est une question presque morale qui est posée : qui est légitime pour parler, et selon quel héritage sportif ?
Le rappel historique invoqué par Walid Al-Aqel renforce son argument. Il évoque notamment l’année 2008, période où l’Algérie avait glissé jusqu’au 108ᵉ rang mondial au classement FIFA, un point bas qui reste gravé dans la mémoire des supporters. Cette mise en perspective n’est pas gratuite : elle vise à montrer que le football algérien, à un moment, n’avait plus de repères, plus de structure, et que les critiques qui surgissent aujourd’hui oublient parfois les années de crise. Dans son discours, il rappelle que certains de ceux qui critiquent aujourd’hui ont évolué dans une époque où l’équipe n’avait pas l’identité, la discipline et la compétitivité qui se voient aujourd’hui depuis l’arrivée de Petkovic. Cette comparaison n’a pas pour objectif de remuer le passé, mais de mettre en lumière la distance parcourue, et peut-être le manque d’humilité de certains commentaires.
L’un des arguments les plus marquants énoncés par Al-Aqel concerne l’impact de ce que l’on appelle communément la “règle des binationaux”, qu’il évoque sous l’expression du “loi Bahamas”. Il affirme que cette ouverture réglementaire a permis au pays de bénéficier de talents formés à l’étranger, capables de hausser le niveau global de la sélection. Pour lui, cette évolution structurelle a été un tournant majeur dans la renaissance du football algérien, et il regrette qu’elle n’ait pas été mise en vigueur plus tôt, notamment au tournant des années 2000. Son propos, en définitive, dépasse la défense d’un homme : il défend un projet global, une philosophie de restructuration, un processus long qui ne se mesure pas seulement match par match. À travers son intervention, Walid Al-Aqel invite le public à regarder la trajectoire plutôt que le bruit, et rappelle que la critique n’a de valeur que lorsqu’elle sert à bâtir, pas à détruire.
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