Algérie : À travers une confidence brute livrée lors d’un entretien, l’attaquant de l’équipe d’Algérie, Islam Slimani, a levé le voile sur une réalité rarement évoquée dans le football professionnel : celle des sacrifices invisibles qui accompagnent l’exil et l’adaptation à l’étranger. En revenant sur ses débuts au Sporting CP, l’attaquant algérien n’a pas cherché à embellir son parcours. Bien au contraire, il a décrit une période marquée par une grande solitude et une précarité quotidienne loin des projecteurs. « Quand je suis arrivé au Sporting, pendant 1 an je mangeais des pizzas surgelées au thon ou margherita et des pâtes chinoises dans des sachets, tous les jours », a-t-il confié, sans détour. Une phrase simple, presque anodine, mais qui dit beaucoup sur l’état d’esprit d’un joueur alors encore en construction, confronté à un changement radical de culture, de rythme et de repères, dans un club où l’exigence est immédiate et la patience rarement accordée.
Cette confession éclaire d’un jour nouveau le parcours d’un joueur souvent résumé à ses statistiques ou à son tempérament sur le terrain. Derrière l’image du buteur puissant, capable de faire basculer des rencontres par son sens du but, se cachait un homme en pleine adaptation, contraint de composer avec des moyens limités et une organisation de vie rudimentaire. Loin de l’idée d’un confort instantané souvent associé aux transferts européens, Slimani, le meilleur buteur de l’histoire de l’Algérie a dû apprendre à survivre avant de briller. Cette routine alimentaire répétitive n’était pas un choix, mais une conséquence directe d’une installation encore fragile, d’un quotidien centré exclusivement sur le football et d’une volonté de ne pas se disperser. À Lisbonne, le temps n’était pas encore aux restaurants ni à la stabilité, mais à l’apprentissage, à l’endurance mentale et à la discipline, dans un environnement où chaque séance d’entraînement pouvait conditionner l’avenir.
Avec le recul, ces mots prennent une dimension particulière. Ils expliquent en partie la résilience et la dureté mentale qui ont façonné Slimani tout au long de sa carrière, que ce soit en club ou avec la sélection algérienne. Ce vécu, rarement mis en avant, rappelle que la réussite dans le football de haut niveau ne repose pas uniquement sur le talent, mais aussi sur la capacité à accepter des périodes de privation et de doute. En partageant ce souvenir sans filtre, l’attaquant algérien offre un témoignage sincère à destination des jeunes joueurs qui rêvent d’Europe, mais ignorent souvent le prix réel de l’adaptation. Plus qu’une anecdote alimentaire, son récit raconte une phase fondatrice, celle où l’on construit un professionnel dans le silence, avant que les buts, les trophées et la reconnaissance ne viennent masquer les débuts difficiles.
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