Pendant des années, le couloir droit de la défense algérienne a été un chantier permanent. Avant que Youcef Atal ne s’impose comme une évidence, les sélectionneurs ont souvent dû improviser. Des joueurs offensifs ou des défenseurs centraux étaient déplacés pour colmater les brèches. L’équipe avançait avec des solutions temporaires, sans jamais réellement stabiliser ce poste stratégique. Petkovic se retrouve dans l’embarras.
Aujourd’hui, sous l’ère Vladimir Petkovic, le sentiment d’un retour en arrière commence à s’installer. Ce qui semblait être un secteur enfin sécurisé redevient une source d’incertitude, à un moment où la projection vers la Coupe du Monde 2026 impose pourtant de la clarté et de la continuité.
Il y a encore quelques mois, le staff technique pouvait se satisfaire d’un éventail de profils intéressants. L’émergence de nouvelles options et la présence d’Atal offraient des garanties. Mais la dynamique s’est brutalement inversée après la CAN 2025.
Le premier coup dur concerne Atal. Le joueur d’Al-Sadd SC a été contraint de passer par la case opération au niveau du tendon d’Achille, ce qui l’éloigne des terrains pour une longue période. Son absence prive la sélection d’un élément expérimenté, capable d’apporter profondeur, percussion et justesse technique dans les grands rendez-vous.
Les alternatives, elles aussi, sont fragilisées. Certains joueurs récemment intégrés peinent à enchaîner physiquement. D’autres reviennent tout juste de blessures contractées lors de la dernière compétition continentale. Même les solutions expérimentales testées par Petkovic, notamment des repositionnements ponctuels, se heurtent aujourd’hui à des problèmes de disponibilité.
À l’approche du rassemblement de mars, le sélectionneur pourrait être contraint de relancer des profils moins exposés médiatiquement mais réguliers en club. Mohamed Farsi, qui évolue au Columbus Crew, présente un profil moderne et discipliné. En France, du côté du Toulouse FC, le jeune Rafik Messali incarne une option à fort potentiel. Quant à Mohamed Réda Helaïmia, son expérience en championnat local pourrait jouer en sa faveur si la situation l’exige.
Mais au-delà des noms, c’est la gestion du temps qui devient cruciale. Le stage de mars servira de laboratoire, certes, mais l’objectif réel se situe plus loin. La Coupe du monde 2026 ne laissera aucune place à l’approximation. Petkovic devra trancher, stabiliser et construire des automatismes durables.
Le paradoxe est frappant : au moment où l’Algérie ambitionne de franchir un cap sur la scène internationale, elle se retrouve confrontée à une fragilité ancienne. Le poste de latéral droit, longtemps symbole d’instabilité, redevient un sujet central. Reste à savoir si cette période d’incertitude débouchera sur une nouvelle solution pérenne… ou sur un nouvel épisode de bricolage tactique.































