Algérie – Petkovic : l’élimination de l’Algérie en quart de finale de la CAN 2025 a naturellement ravivé un vieux réflexe : celui de la remise en question immédiate du sélectionneur. Vladimir Petkovic, exposé à une contestation bruyante, se retrouve au cœur d’un débat qu’il connaît bien. Pourtant, fidèle à sa méthode, le technicien suisse refuse toute réaction à chaud. En interne, le message est clair : pas de décisions dictées par l’émotion ni par la pression populaire. Petkovic temporise, observe, analyse. À ce stade, aucune annonce officielle n’a été faite quant à d’éventuels ajustements de l’effectif, le sélectionneur préférant laisser retomber la tension avant d’envisager la suite, avec lucidité et recul.
L’histoire récente de la sélection algérienne montre pourtant que chaque élimination continentale majeure a souvent entraîné des choix forts. En 2010, Rabah Saâdane, pourtant auréolé de la qualification au Mondial sud-africain, avait opéré une rupture nette après une CAN d’Angola marquée par deux défaites lourdes, notamment le 4-0 face au Malawi et celui concédé en demi-finale contre l’Égypte. Malgré une place dans le dernier carré, la rue avait exigé des têtes. Saâdane avait alors sacrifié plusieurs cadres issus du championnat local, ne conservant que Laïfaoui, Chaouchi et Gaouaoui pour la Coupe du monde. À l’inverse, lors d’autres cycles plus rapprochés, les sélectionneurs avaient privilégié la continuité, limitant les ajustements.
Le contexte actuel est toutefois différent. La question des joueurs locaux, longtemps sensible, ne constitue plus un véritable enjeu pour Petkovic. Lors de la CAN 2025, seuls Oussama Benbot et Zinedine Belaïd figuraient dans la liste, preuve d’un vivier domestique en difficulté. Le premier a d’ailleurs annoncé récemment sa retraite internationale, réduisant encore les options. Dans ces conditions, un grand ménage paraît peu probable. En coulisses, on assure que le sélectionneur n’envisage pas de bouleversement massif avant les prochaines échéances. Le cap resterait le même, avec quelques ajustements ciblés au mieux, mais sans révolution. Pour Petkovic, la stabilité demeure une condition essentielle pour construire la suite, malgré la déception.

































