Algérie – Maroc : dans un climat régional régulièrement traversé par des crispations politiques et sportives, la CAN 2025 organisée au Maroc a servi de caisse de résonance à des tensions latentes entre supporters algériens et marocains. Les réseaux sociaux, amplificateurs d’émotions à chaud, ont parfois transformé des épisodes sportifs en affrontements verbaux stériles, nourrissant des généralisations dangereuses. C’est précisément contre cette dérive que s’est élevé Yassine Labhiri, joueur de la Renaissance de Berkane, en choisissant une voie rare dans ce type de contexte : celle de la nuance, de la retenue et de l’appel à la responsabilité individuelle. Sa prise de parole, volontairement posée, tranche avec le tumulte ambiant et rappelle que le football, aussi passionnel soit-il, ne saurait justifier la rupture du lien humain.
Dans un message publié sur Instagram, Labhiri a pris soin de distinguer deux attitudes qu’il observe des deux côtés de la frontière. « Il existe, au sein des deux peuples musulmans — marocain et algérien — des personnes sages, qui éteignent la discorde, apaisent les tensions et appellent à la fraternité de la foi et à l’affection », écrit-il d’abord, refusant toute lecture manichéenne. Mais le joueur n’élude pas l’autre réalité : « Des personnes irréfléchies, qui attisent la discorde, en alimentent les flammes et appellent au chauvinisme et à l’esprit de clan hérité de l’ignorance. » Loin d’un discours accusateur, il met en garde contre la tentation de l’amalgame : « Ne généralise pas ce second comportement à tout le monde, et ne te laisse pas entraîner par cette catégorie, au risque d’en faire partie. » Une exhortation directe, adressée autant aux supporters qu’aux observateurs, dans un moment où la surenchère émotionnelle menace souvent de prendre le dessus.
Pour renforcer son propos, Labhiri s’appuie sur un socle spirituel assumé, convoquant des références religieuses afin d’ancrer son message dans un cadre plus large que le simple fait sportif. « Les croyants ne sont que des frères. Réconciliez donc vos deux frères », rappelle-t-il, avant d’ajouter : « Et cramponnez-vous tous ensemble au câble d’Allah et ne soyez pas divisés. Et rappelez-vous le bienfait d’Allah sur vous, lorsque vous étiez ennemis et qu’Il a uni vos cœurs, si bien que, par Sa grâce, vous êtes devenus frères. » En plaçant le débat sur le terrain de l’unité et du respect mutuel, le joueur de Berkane invite à dépasser les rivalités conjoncturelles. Son message, loin d’être naïf, résonne comme un rappel salutaire : ni une CAN, ni un résultat, ni une polémique ne devraient justifier la fracture durable entre deux peuples liés par l’histoire, la culture et la foi.

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