Certaines trajectoires se racontent avec le recul, d’autres s’annoncent avant même d’exister. Celle de Riyad Mahrez appartient clairement à la seconde catégorie. L’anecdote livrée par Carl Medjani sur leurs premiers échanges, bien avant l’explosion mondiale du joueur, éclaire d’un jour particulier la personnalité de Mahrez. Nous sommes en 2013, à une époque où le futur Ballon d’Or africain évolue encore loin des projecteurs, en Ligue 2, tandis que Medjani vient tout juste de rejoindre l’AS Monaco. Lors d’un match face au Le Havre AC, une rencontre anodine va pourtant prendre une dimension presque prophétique.
Medjani raconte ce moment avec une sincérité désarmante. Alors qu’il reconnaît la pelouse, il croise Walid Mesloub, puis un jeune joueur s’approche. « Riyad arrive, moi je ne le connais pas. Il me serre la main comme si on se connaissait depuis 15 ans. Il me dit : “Comment va la sélection ?” », se souvient-il. La discussion s’installe naturellement, jusqu’à cette phrase qui le laisse perplexe : « Moi j’arrive bientôt. » À l’époque, Medjani l’avoue sans détour : « Dans ma tête, je me dis : c’est qui ce fou en fait ? Il arrive comme ça, il est en Ligue 2, je ne le connais pas. » Rien, objectivement, ne permet alors d’imaginer une ascension aussi rapide. Et pourtant, un an plus tard, le scénario annoncé se réalise presque mécaniquement.
« Pile poil un an après, il débarque en sélection », poursuit Medjani. Mahrez ne se contente pas d’intégrer le groupe : il s’impose, gagne la confiance de Vahid Halilhodzic et bouleverse la hiérarchie. « Il est allé leur prendre leur place », résume Medjani. Cette assurance, loin de s’estomper, devient une constante de sa carrière. À Leicester City, Mahrez annonce d’abord le maintien : « Les gars, on va se sauver. » Puis, contre toute logique, le titre de Premier League. Même discours pour les distinctions individuelles : « J’ai des ambitions, vous avez mal à la tête. » Comme le conclut Medjani, admiratif : « Tout ce qu’il a dit, tout ce qu’il a annoncé, il l’a fait. » Une anecdote qui, à elle seule, résume Mahrez : une confiance inébranlable, parfois déroutante, mais toujours assumée — et surtout, rarement démentie par les faits.
Lire aussi : Algérie : après l’élimination, Zidane s’adresse au peuple algérien


































