Algérie Foot– L’absence de Riyad Mahrez des premières images du stage de l’équipe nationale d’Algérie à Djeddah a fait couler beaucoup d’encre. Alors que le capitaine des Fennecs a finalement rejoint le groupe ce mercredi, à la veille du premier match amical contre le Zimbabwe, des précisions s’imposent sur les raisons réelles de son arrivée tardive. Contrairement aux rumeurs et critiques émises ces dernières 48 heures, le joueur d’Al Ahli Saudi FC avait bel et bien obtenu une autorisation spéciale de la Fédération algérienne de football (FAF) et du sélectionneur Vladimir Petkovic pour retarder sa venue.
Dès lundi, la FAF publiait les premières photos d’entraînement des Verts sur ses canaux officiels. Tous les joueurs convoqués étaient présents, à l’exception notable de Riyad Mahrez. De quoi nourrir la curiosité, voire la polémique, dans un environnement médiatique toujours attentif au moindre détail entourant la star algérienne. Certains observateurs ont rapidement évoqué une attitude désinvolte du capitaine, d’autres y ont vu le signe d’un privilège injustifié, contraire à la rigueur prônée par le nouveau sélectionneur.
Pourtant, les faits sont clairs : Mahrez avait reçu une dérogation préalable pour rejoindre le stage plus tard que prévu, et ce pour une raison familiale majeure. Après avoir inscrit le but victorieux face à Al Ittihad dimanche dernier avec son club d’Al Ahli, l’ailier algérien s’est envolé vers Londres afin d’assister à la naissance de son enfant. Un événement heureux, évidemment incompatible avec un départ immédiat pour le rassemblement national.
Le Suisse Vladimir Petkovic, nommé à la tête de la sélection en septembre, a insisté depuis son arrivée sur la discipline et la ponctualité. En octobre déjà, il avait sanctionné le jeune Ibrahim Maza, qui n’avait pas rejoint le groupe dans les délais impartis, en le privant de temps de jeu. Certains craignaient donc que Mahrez ne subisse le même sort. Mais la situation du capitaine diffère profondément.
D’abord parce que le joueur a prévenu et obtenu l’accord de la FAF avant son déplacement. Ensuite parce qu’il n’a pas quitté son club en catimini, mais pour des motifs personnels légitimes, reconnus par l’encadrement. Petkovic, réputé strict mais humain, a d’ailleurs tenu à désamorcer toute tension en confirmant que le capitaine rejoindrait le groupe dès son retour à Djeddah.
Un statut à part, mais assumé
Le débat sur le “traitement de faveur” accordé à Mahrez n’est pas nouveau. L’ancien joueur de Manchester City et de Leicester City reste, à 34 ans, la principale figure médiatique et technique du football algérien. Son expérience, son leadership et sa notoriété internationale en font un élément unique au sein du vestiaire. Si certains y voient une hiérarchie injuste, d’autres rappellent qu’il est naturel qu’un joueur de ce calibre bénéficie parfois d’une certaine flexibilité, à condition que cela reste transparent et validé par le staff.
Un retour bienvenu avant le Zimbabwe
Arrivé mardi soir à Djeddah, Mahrez a retrouvé ses coéquipiers dès le lendemain matin. Il a participé à la séance collective, sous les yeux de Petkovic, qui devrait le laisser débuter sur le banc demain lors du match amical face au Zimbabwe (coup d’envoi à 17h30). Ce choix permettrait de ménager le joueur après plusieurs jours de déplacement et un récent enchaînement de matchs avec Al Ahli.
Notons par ailleurs que Mahrez n’a pas pu assister à la cérémonie du Fennec d’Or 2025, organisée dimanche à Paris. Il figurait pourtant parmi les nominés pour le titre de Meilleur joueur algérien de l’année, finalement remporté par Ramy Bensebaïni.
Un capitaine toujours attendu
En définitive, l’épisode de cette arrivée différée rappelle que le moindre mouvement de Mahrez reste scruté à la loupe. Mais au-delà des rumeurs, la transparence de la FAF et du staff technique permet de rétablir les faits : il ne s’agit ni d’un manquement à la discipline, ni d’un passe-droit, mais d’une permission exceptionnelle pour un événement familial heureux.
Riyad Mahrez, désormais pleinement intégré au groupe, entend bien concentrer ses efforts sur le terrain pour guider les Verts vers leurs prochains défis. Et s’il y a une chose que le capitaine n’a jamais perdue, c’est cette volonté farouche de faire briller l’Algérie, quoi qu’en disent les critiques.
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