Algérie – CAN : dans cette Coupe d’Afrique des Nations 2025, certains noms se révèlent comme des évidences. Certains s’imposent sans bruit, mais avec une force qu’aucun doute ne peut encore effacer. Ibrahim Maza appartient à cette catégorie rare. Le jeune milieu algérien, encore inconnu du grand public il y a peu, a été désigné cette semaine dans l’équipe-type de la troisième journée de la phase de groupes, sélection établie par la plateforme mondiale d’analyse de performances Sofascore. Le chiffre qui accompagne cette distinction parle de lui-même : une note de 8,8, deuxième meilleure évaluation de toute la composition idéale. Un sommet statistique qui, pourtant, ne raconte qu’une partie du phénomène en cours. Sur la pelouse, Maza ne s’est pas contenté d’exister ; il a dicté, accéléré, ralenti, et parfois éclairé. Face à la Guinée équatoriale, dans un match que l’Algérie maîtrisait sur le papier mais devait confirmer sur le terrain, il s’est imposé comme le fil conducteur. À seulement 20 ans, être lu comme l’un des cerveaux tactiques d’une sélection en pleine ascension dit tout de ce que représente désormais son nom.
Ce match, remporté 3-1, restera peut-être comme un jalon du tournoi : celui où l’Algérie a compris qu’elle dispose d’un joueur capable de transformer un collectif. Zineddine Belaïd, Farès Chaïbi ou encore Anis Hadj Moussa ont aussi offert des prestations solides, mais c’est Maza qui a laissé l’empreinte la plus nette. Son contrôle du tempo, sa capacité à résister sous pression, mais aussi son intelligence de projection ont offert à Vladimir Petkovic des certitudes que peu de sélectionneurs possèdent à ce stade d’une CAN. Il ne s’agit plus, désormais, de demander s’il a gagné sa place, mais de comprendre comment l’équipe peut progresser autour de lui. Lorsque l’Algérie sortira des matchs de groupe pour entrer dans la zone éliminatoire, elle aura besoin de profils capables de conserver la balle quand tout tremble, de joueurs dont la lucidité peut étouffer l’adrénaline adverse. Dans cette optique, Maza n’est plus un jeune prometteur : il devient une garantie, presque un pilier.
La reconnaissance internationale, elle, suit. Être retenu dans une équipe-type continentale ne change pas seulement la perception extérieure ; cela modifie la trajectoire d’une carrière. Les projecteurs européens, déjà sensibles au profil atypique d’un milieu mêlant projection et maîtrise, ne manqueront pas d’observer cette CAN comme un tournant. Si d’autres joueurs algériens ont construit leur mythe dans les buts décisifs, Maza pourrait devenir l’homme dont on retient la présence plus que le moment : celui dont on se rend compte qu’il a changé un match seulement une fois qu’il en est sorti. Pour l’Algérie, au-delà du symbole, cette distinction ancre une réalité : cette équipe n’avance pas seulement avec ambition, elle avance avec des idées. Et dans cette architecture nouvelle, Ibrahim Maza vient de prouver qu’il en possède les clés.
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