Algérie – Ballon d’or : Icône du football algérien et figure emblématique du football africain, Rabah Madjer continue, des décennies après la fin de sa carrière, de susciter admiration et débats autour de son parcours exceptionnel. L’ancien attaquant, célèbre notamment pour sa talonnade légendaire en finale de la Coupe d’Europe 1987 avec le FC Porto, est revenu récemment sur l’un des sujets qui, selon lui, demeure une injustice dans l’histoire du football : son absence au palmarès du Ballon d’Or. Dans une prise de parole empreinte de franchise, l’ancien international algérien a estimé que sa carrière aurait mérité une reconnaissance bien plus importante au plus haut niveau des distinctions individuelles. « Je le dis pour la première fois et avec toute modestie : Madjer devait gagner trois Ballons d’Or, en 1987, 1988 et 1990 », a-t-il affirmé. Une déclaration forte qui relance le débat sur la place qu’occupait le football africain dans les grandes récompenses internationales à une époque où les joueurs du continent étaient rarement mis en lumière.
Pour étayer son point de vue, Rabah Madjer a rappelé les performances marquantes qui ont jalonné ces années décisives de sa carrière. L’ancien attaquant algérien estime que l’année 1987 représentait un moment particulièrement fort, tant sur le plan collectif qu’individuel. Cette saison-là, il avait joué un rôle majeur dans la conquête de la Coupe d’Europe des clubs champions par Porto, une victoire historique face au Bayern Munich. Pourtant, le Ballon d’Or avait été attribué au Néerlandais Ruud Gullit, un choix qui, selon Madjer, reste difficile à comprendre avec le recul. « En 1987, j’ai remporté la Ligue des champions, mais le Ballon d’Or a été donné à Gullit », a-t-il rappelé. L’année suivante, l’attaquant algérien poursuit son ascension avec Porto en remportant la Coupe intercontinentale au Japon, un trophée qui opposait alors les champions d’Europe aux champions d’Amérique du Sud. Malgré cette performance et son statut unique de joueur arabe et africain à briller à ce niveau, la récompense individuelle lui échappe une nouvelle fois. « En 1988, j’ai gagné la Coupe du monde des clubs au Japon, mais je n’ai toujours pas remporté le Ballon d’Or alors que j’étais le seul joueur arabe et africain », a-t-il expliqué.
Madjer évoque également l’année 1990, un autre moment fort de sa carrière avec l’Algérie. Cette année-là, la sélection algérienne triomphe à domicile lors de la Africa Cup of Nations 1990, offrant au pays son premier sacre continental. Leader technique de l’équipe, Madjer est désigné meilleur joueur de la compétition, confirmant son influence sur le football africain à cette période. Pourtant, là encore, la reconnaissance internationale espérée ne vient pas. « En 1990, j’ai gagné la Coupe d’Afrique des nations en Algérie et j’ai été élu meilleur joueur du tournoi, mais je n’ai toujours pas remporté le Ballon d’Or. C’est vraiment très étrange », a-t-il confié. Pour l’ancien attaquant, ces épisodes illustrent un contexte où les performances réalisées hors des grands championnats européens ou par des joueurs africains étaient souvent sous-estimées. Aujourd’hui encore, cette réflexion alimente le débat sur la reconnaissance historique des légendes du football africain, et sur la place que Rabah Madjer aurait pu occuper dans le palmarès des plus grandes distinctions individuelles du sport mondial.
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