Algérie : à Marseille, la réussite ne suffit jamais à garantir la tranquillité. Dans un environnement où chaque prestation est scrutée comme un verdict, Amine Gouiri continue d’avancer sur une ligne fine, entre reconnaissance et exigence permanente. L’attaquant international algérien, souvent décisif depuis son arrivée et désormais au centre du projet offensif olympien, a encore livré une copie solide lors de la dernière sortie de l’OM. Pourtant, malgré un match globalement convaincant, une occasion manquée a suffi à remettre en lumière ce qui caractérise le football de haut niveau : l’erreur, même isolée, pèse parfois plus lourd que tout le reste. Et à Marseille, cette logique est amplifiée par l’intensité émotionnelle d’un club qui vit chaque rencontre comme une urgence.
Cette réalité, Roberto De Zerbi ne cherche pas à la masquer. Au contraire, l’entraîneur italien assume un discours frontal, à la fois protecteur et impitoyable, fidèle à sa philosophie. Après la prestation de son numéro 9, le technicien a livré une analyse qui résume parfaitement la relation qu’il entretient avec ses joueurs : admiration pour le talent, mais tolérance quasi nulle face au relâchement. « Il a fait un bon match. Le but qu’il rate ? Je l’aurais tué. Son entrée à Paris ne m’a pas plu. Il doit augmenter ses attentes. C’est un garçon en or, extraordinaire, un joueur très fort », a lâché De Zerbi, dans une déclaration aussi brutale qu’honnête. Le message est clair : Gouiri est estimé, mais il est surtout attendu. Et davantage encore, il est considéré comme un joueur capable de devenir une référence, à condition d’accepter cette pression quotidienne.
Dans le fond, cette sortie médiatique n’a rien d’une attaque. Elle ressemble plutôt à un rappel de statut. De Zerbi ne parle pas ainsi d’un joueur banal : il parle ainsi d’un élément qu’il veut faire grandir, d’un attaquant qu’il juge suffisamment talentueux pour changer la trajectoire d’une saison. Gouiri, par son profil technique, sa capacité à décrocher, à combiner et à conclure, offre à l’OM un registre rare. Mais pour franchir un cap définitif, il devra transformer la régularité en domination, et les bons matchs en performances incontestables. À Marseille, ce n’est pas seulement une question de statistiques, c’est une question d’autorité sur le terrain. Et si De Zerbi hausse le ton, c’est parce qu’il croit en lui. Dans ce club où l’attente est immense, Gouiri n’a pas seulement une place à prendre : il a un rôle à assumer.
































