Algérie – France : une nouvelle fois,
l’Olympique de Marseille a laissé filer une victoire qui semblait
lui tendre les bras. Face au RC Strasbourg, au Vélodrome, les
Phocéens ont encore craqué dans les dernières minutes, concédant un
nul frustrant (2-2) après avoir mené de deux buts. Une rechute de
plus dans une saison marquée par l’instabilité et les scénarios
cruels. Dans une ambiance déjà lourde avant même le coup d’envoi,
avec des tribunes tendues et des banderoles hostiles dirigées
contre la direction, l’OM avait pourtant réussi à se donner
l’illusion d’un match maîtrisé. Sous l’intérim de Jacques
Abardonado, Marseille a affiché un visage plus tranchant pendant
près d’une heure, porté par l’inspiration d’Amine Gouiri, passeur
décisif puis buteur, et par un Mason Greenwood opportuniste. Mais
comme trop souvent, le souffle s’est coupé, la gestion a été
fébrile, et Strasbourg a fini par revenir au score dans un final
irrespirable.
Le scénario a laissé un goût de
cauchemar à l’international algérien, qui n’a pas masqué sa colère
après le coup de sifflet final. Au micro de beIN Sports, Gouiri a
refusé de se réfugier derrière des explications tactiques ou
d’évoquer des responsabilités extérieures. Lucide, presque amer, il
a pointé directement l’attitude du groupe sur le terrain. « On
savait que ça allait être hostile, on voulait ramener le public
avec nous, mais on a tout gâché », a-t-il lâché, visiblement dépité
par ce nouvel effondrement collectif. Puis, dans une phrase lourde
de sens, il a insisté : « Ce n’est pas une question de choix. Quand
ça se répète une dizaine de fois, encore aujourd’hui, c’est nous
sur le terrain. » Un constat brutal, qui résume parfaitement le mal
marseillais : une incapacité chronique à contrôler un match
jusqu’au bout, même lorsqu’il est favorable, même lorsque la
victoire semble déjà acquise.
Sur le plan individuel, Gouiri
a pourtant livré l’une de ses prestations les plus abouties depuis
son arrivée. Disponible entre les lignes, précis dans ses
transmissions, tranchant dans les zones décisives, il a été le
moteur offensif d’un OM qui avait enfin trouvé de la justesse dans
son jeu. Mais le principal intéressé refuse de se satisfaire de ses
statistiques, même si elles confirment son importance croissante.
Avec 12 contributions décisives en 18 matchs, l’attaquant algérien
est devenu un élément central dans l’animation marseillaise.
Pourtant, à ses yeux, tout cela ne vaut rien si l’équipe ne gagne
pas. « C’est bien d’avoir marqué, mais ça ne sert à rien car ça n’a
pas fait gagner l’équipe », a-t-il conclu, amer, en référence à ce
penalty concédé en fin de match qui a offert à Strasbourg un point
inattendu. À Marseille, la frustration devient une habitude. Et
Gouiri, lui, commence déjà à perdre patience.
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