Algérie – France : le retour de Rachid Ghezzal à l’Olympique Lyonnais, présenté comme une opportunité de relance pour un joueur en quête de stabilité, ressemble aujourd’hui à une équation de plus en plus compliquée. Revenu l’été dernier libre, avec l’ambition de retrouver du rythme et de redevenir un élément crédible pour la sélection algérienne, l’ailier de 33 ans peine à s’imposer dans un effectif lyonnais déjà en pleine reconstruction. Entre pépins physiques récurrents et concurrence féroce dans le secteur offensif, Ghezzal a progressivement disparu des radars, au point que son avenir à Lyon commence à être ouvertement questionné. Cette saison, il n’a disputé que neuf rencontres toutes compétitions confondues, pour un total de 187 minutes seulement, soit une moyenne très faible, et son bilan statistique reste limité à une seule passe décisive, sans le moindre but inscrit.
La situation est d’autant plus délicate que Ghezzal n’a jamais réellement pu enchaîner. Blessé à plusieurs reprises, notamment touché aux adducteurs, il a alterné phases de reprise et retours prudents, ce qui l’a empêché de trouver une continuité indispensable à un joueur de son profil. À Lyon, la patience du public semble également s’effriter, car l’attente était forte autour d’un joueur connu pour sa qualité technique, sa précision dans les centres et sa capacité à faire la différence sur un geste. Mais dans un championnat aussi exigeant que la Ligue 1, l’impact se mesure à la régularité, et le temps de jeu accordé à l’Algérien reste trop faible pour installer une dynamique. Cette semaine, Ghezzal a retrouvé l’entraînement collectif après une longue absence, et espère grappiller des minutes dès la prochaine rencontre face à l’OGC Nice, un rendez-vous important dans la course lyonnaise à la stabilité.
Cependant, la réalité sportive est sans appel : la concurrence s’intensifie, et le contexte ne joue pas en sa faveur. Sous les ordres de Paulo Fonseca, l’entraîneur privilégie d’autres profils offensifs, plus explosifs, plus constants physiquement, et souvent plus intégrés dans les automatismes du groupe. Avec le retour progressif des joueurs blessés et la nécessité d’installer une équipe type, Ghezzal se retrouve dans une position marginale, presque symbolique. Son contrat courant jusqu’en juin 2026 n’est pas une garantie, bien au contraire : un départ lors du prochain été apparaît comme une hypothèse crédible si sa situation ne change pas rapidement. Pour le joueur, l’enjeu dépasse même Lyon : à quelques mois de la Coupe du monde 2026, rester dans l’ombre mettrait sérieusement en danger ses chances de réintégrer durablement les plans des Verts. Ghezzal joue donc une course contre le temps, et chaque minute gagnée sur le terrain pourrait compter comme une tentative de survie sportive.



























