Algérie – Football : L’actualité judiciaire a de nouveau rattrapé l’ancien président de la Fédération algérienne de football, Charaf-Eddine Amara, placé en détention provisoire par le juge d’instruction de la troisième chambre du pôle pénal économique et financier de Sidi M’hamed. Cette décision s’inscrit dans le cadre d’un dossier distinct, lié cette fois à l’organisation du Championnat d’Afrique des nations 2023, événement continental accueilli par l’Algérie. Après le feu vert du procureur de la République près la même juridiction, l’enquête s’est focalisée sur des soupçons de corruption présumée en lien avec plusieurs marchés conclus à l’occasion de la compétition. Les investigations portent notamment sur des dépenses engagées pour les cérémonies d’ouverture et de clôture, ainsi que sur des charges financières supplémentaires qui auraient excédé l’enveloppe budgétaire initialement allouée par l’État.
Selon les éléments versés au dossier, l’instruction s’est également intéressée à des contrats relatifs à l’hébergement, à la restauration, au transport et à l’acquisition d’équipements. Les enquêteurs auraient relevé des irrégularités dans l’élaboration de certains cahiers des charges et des manquements aux procédures légales lors de l’attribution de marchés à des opérateurs économiques. À l’issue de cette phase, Charaf-Eddine Amara a été poursuivi pour « abus de fonction », qualification retenue au regard de l’article 33 de la loi relative à la prévention et à la lutte contre la corruption. Cette qualification a été confirmée par la chambre d’accusation près le Conseil judiciaire d’Alger, après examen d’un recours introduit dans la procédure.
Lors de son audition, l’ancien dirigeant a tenu à contextualiser son action. Il a rappelé avoir accédé à la présidence de la FAF le 15 avril 2021 et a précisé que le cahier des charges du CHAN 2023 avait été élaboré par la Confédération africaine de football et validé par l’Algérie dès 2018, soit avant son arrivée à la tête de l’instance fédérale, à une période où la FAF était dirigée par Kheireddine Zetchi. Il a affirmé qu’à son entrée en fonction, il s’était limité à superviser la commission locale d’organisation déjà existante, se contentant de remplacer certains membres ayant quitté la fédération. Charaf-Eddine Amara a également rappelé avoir présenté sa démission, en même temps que l’ensemble du bureau fédéral, le 31 mars 2022. Il s’agit de son deuxième placement en détention provisoire, après une première décision rendue le 21 décembre dernier dans une autre affaire liée à son passage à la tête du groupe public Madar Holding, un contexte judiciaire qui continue d’alimenter un débat sensible autour de la gouvernance des institutions sportives.






























