Le but décisif d’Adel Boulbina face à la République Démocratique du Congo, qui a qualifié l’Algérie pour les quarts de finale de la CAN 2025, n’est pas seulement le fruit d’un talent naturel : il s’inscrit dans un parcours forgé dès le plus jeune âge, avec une image en tête, celle de Faouzi Chaouchi.
En 2009, alors âgé de 6 ans, Boulbina assiste au mythique match de barrage entre l’Algérie et l’Égypte à Omdurman pour le Mondial 2010. La prestation spectaculaire du gardien Chaouchi le marque profondément et déclenche sa passion pour le football. De retour chez lui, dans la commune d’El Djemaa Beni Habibi (wilaya de Jijel), il transforme sa maison familiale en véritable terrain de jeu, imitant les gestes de son idole et installant des cages improvisées. Son père, conscient de son talent, le guide vers un poste de joueur de champ, lui enseignant les bases du tir, de la passe et du jeu de tête. Rapidement, Adel se distingue lors des matchs et tournois locaux.
À 12 ans, il intègre l’école de police d’El Ancer. Malgré un physique jugé léger, il impressionne en inscrivant 11 buts en 16 matchs lors du tournoi régional Danone, avant de remporter le titre national, puis international au Maroc. Ses performances attirent l’attention de l’Académie du Paradou, où il est retenu après trois essais. Sa progression fulgurante le conduit à intégrer la sélection algérienne U15, avant de s’imposer avec l’équipe première du Paradou. En étant jeune, il portait beaucoup le maillot du Maroc, lors des matchs joués avec les jeunes de son quartier.
À seulement 21 ans, Boulbina termine meilleur buteur du championnat algérien avec 20 réalisations. Son talent ne passe pas inaperçu et il est transféré à Al-Duhail pour 4 millions d’euros, devenant ainsi la deuxième plus grosse vente de l’histoire du championnat algérien.
Mais au-delà de ses performances, Boulbina se distingue par son attachement à sa foi. Il apparaît souvent avec son Coran et résume ainsi sa conviction à Al Jazeera Net : « La réussite vient d’Allah. Tout est entre Ses mains. Le Coran me permet de rester proche de Dieu. »
Après une Coupe arabe 2025 réussie, il est convoqué par Vladimir Petković pour la CAN 2025. Sous la pression d’un huitième de finale intense, c’est Boulbina qui délivre les Fennecs, inscrivant le but qui permet à l’Algérie de retrouver les quarts de finale continentaux après deux éditions décevantes.
De jeune spectateur admiratif de Chaouchi à héros national, le parcours d’Adel Boulbina illustre la combinaison de talent, travail acharné et foi, qui fait de lui aujourd’hui l’un des jeunes prodiges les plus prometteurs du football algérien.


































