Algérie : le retour de Djamel Belmadi sur le banc d’Al-Duhail devait symboliser un nouveau départ pour l’entraîneur algérien après une période marquée par des émotions fortes et une pause loin des terrains. Après avoir quitté la sélection algérienne en janvier 2024 à la suite de l’élimination précoce des Verts lors de la Coupe d’Afrique des nations en Côte d’Ivoire, l’ancien sélectionneur avait choisi de se retirer temporairement du devant de la scène. Cette parenthèse devait lui permettre de se ressourcer dans un environnement qu’il connaît bien, le Qatar, où il a construit une grande partie de sa carrière d’entraîneur. Quelques mois plus tard, Al-Duhail lui a offert l’opportunité d’un troisième passage à la tête du club, un retour qui semblait naturel tant Belmadi avait marqué l’histoire de cette équipe lors de ses précédents mandats. Entre 2010 et 2012 puis entre 2015 et 2018, il avait en effet remporté plusieurs titres et réalisé des performances historiques, dont un triplé national en 2018. Tout semblait donc réuni pour une nouvelle aventure prometteuse.
Sur le papier, le projet d’Al-Duhail avait de quoi séduire. Le club qatari, soutenu par la famille princière Al-Thani, avait constitué un effectif particulièrement ambitieux avec plusieurs joueurs expérimentés venus d’Europe. Des noms comme Marco Verratti, Krzysztof Piątek, Benjamin Bourigeaud, Youssouf Sabaly, Jean-Charles Castelletto ou encore Boubakary Soumaré témoignaient de la volonté du club de viser haut, notamment en championnat et sur la scène asiatique. Pourtant, malgré ce potentiel impressionnant, la réalité du terrain s’est révélée beaucoup plus compliquée. Les résultats n’ont pas suivi les attentes et l’équipe a rapidement perdu du terrain au classement de la Qatar Stars League. Les absences répétées liées aux blessures et aux convocations internationales ont perturbé la stabilité du groupe, tandis que la cohésion collective semble encore fragile. Dans ces conditions, le projet sportif peine à prendre forme et les ambitions initiales apparaissent aujourd’hui bien éloignées de la situation actuelle.
Au fil des semaines, la frustration de Djamel Belmadi est devenue de plus en plus visible sur le banc de touche. L’entraîneur algérien, réputé pour son tempérament passionné, a souvent laissé transparaître son agacement face aux difficultés rencontrées par son équipe. Certaines scènes captées lors des rencontres ont illustré la tension qui entoure actuellement la formation qatarie, notamment après des défaites douloureuses qui ont accentué la pression autour du staff technique. Les chiffres eux-mêmes traduisent cette période compliquée : depuis son retour, Al-Duhail enchaîne les résultats irréguliers et occupe une position inhabituelle dans la seconde moitié du classement. En conférence de presse, Belmadi a reconnu l’ampleur des obstacles auxquels son équipe est confrontée. « Ce sont des circonstances que je vis pour la première fois dans ma carrière d’entraîneur. Je n’ai jamais été confronté à quelque chose de pareil, même en tant que joueur. Je n’ai jamais vu un tel nombre de joueurs clés absents, des joueurs qui influencent directement les performances de l’équipe. Mais nous devons nous adapter à cette réalité. » Malgré ces explications, les critiques se multiplient dans les médias qataris et la question de son avenir commence à être évoquée. Pour un entraîneur habitué aux succès, cette période représente sans doute l’un des défis les plus délicats de sa carrière.






























