Maroc : la situation autour de Walid Regragui prend des allures de feuilleton institutionnel. À la tête de la sélection marocaine depuis la mémorable épopée mondiale de 2022, le technicien se retrouve aujourd’hui dans une position délicate, à un moment charnière pour les Lions de l’Atlas. En interne, l’idée d’un changement de cap semble avoir fait son chemin, mais la réalité contractuelle freine toute annonce officielle. Derrière les discours mesurés, une question centrale s’impose : comment organiser une séparation sans fragiliser l’équilibre financier et l’image d’une fédération qui ambitionne de rester parmi les puissances africaines ?
Les discussions entre la Fédération Royale Marocaine de Football et le sélectionneur achoppent principalement sur les modalités de résiliation. L’indemnité de rupture constitue le principal point de friction, à laquelle s’ajoutent des primes contractuelles liées aux résultats enregistrés ces dernières années. Dans ce type de dossier, chaque clause pèse lourd, surtout lorsqu’un entraîneur dispose encore d’un contrat en cours. La fédération, soucieuse de préserver ses marges budgétaires à l’approche d’échéances majeures, souhaite visiblement éviter une sortie brutale. De son côté, le technicien entend faire valoir ses droits. Cette phase de négociation ralentit toute officialisation et maintient le staff technique dans une zone d’incertitude, peu propice à la préparation sportive.
Le timing inquiète d’autant plus que le calendrier international ne laisse aucun répit. Les Lions de l’Atlas doivent rapidement se projeter vers leurs prochains rendez-vous continentaux et mondiaux, dans un contexte où la stabilité du banc reste un facteur déterminant. Une transition mal maîtrisée pourrait perturber la dynamique d’un groupe habitué à évoluer dans un cadre clair. Le Maroc, qui nourrit des ambitions élevées à l’échelle africaine et internationale, ne peut se permettre une zone grise prolongée. Plus que le départ lui-même, c’est la gestion de l’après qui sera scrutée.
Au-delà du cas individuel, ce dossier révèle les défis structurels que rencontrent les grandes fédérations modernes : conjuguer performance sportive, exigence budgétaire et maîtrise de la communication. Le Maroc se trouve à un carrefour stratégique. Une résolution rapide permettrait d’ouvrir un nouveau cycle dans des conditions maîtrisées. À l’inverse, un enlisement prolongé pourrait alimenter les spéculations et fragiliser l’environnement autour de la sélection. L’enjeu dépasse donc la simple question d’un entraîneur : il touche à la crédibilité et à la gouvernance d’un projet sportif national ambitieux.































