À cinq ans du Mondial 2030, que le Maroc coorganisera avec l’Espagne et le Portugal, une autre bataille diplomatique se joue déjà en coulisses : l’attribution de la Coupe du Monde des Clubs 2029. Présentée comme une répétition générale avant le grand rendez-vous planétaire, cette compétition pourrait finalement révéler les limites d’un projet encore fragile. Si Rabat et Madrid apparaissent officiellement comme des candidats crédibles, la décision finale dépendra moins de la symbolique que des équilibres géopolitiques et financiers au sein de la FIFA. Et sur ce terrain, rien n’est jamais acquis.
L’élargissement du tournoi à 48 équipes change profondément la donne. Une compétition plus lourde, plus coûteuse et plus exigeante en matière d’infrastructures impose des garanties strictes. Or, si l’Espagne dispose d’un réseau de stades et d’une expérience organisationnelle solide, le Maroc reste sous pression quant aux délais de livraison et à la montée en puissance logistique requise. Les précédentes grandes compétitions ont montré que la FIFA privilégie la stabilité et la capacité d’absorption immédiate. Dans un calendrier international déjà saturé, les grandes puissances européennes pourraient aussi peser dans la balance pour éviter toute incertitude organisationnelle.
Au-delà du discours officiel, la réalité est simple : la Coupe du Monde des Clubs 2029 sera un produit stratégique et commercial majeur. Les droits TV, les sponsors globaux et la rentabilité immédiate primeront. Si un doute persiste sur la capacité d’un pays à absorber seul une partie significative de l’événement, la FIFA pourrait opter pour une solution plus conservatrice. Dans ce contexte, parler de favori est prématuré. Le Maroc joue une carte ambitieuse, mais l’attribution ne sera ni politique ni symbolique : elle sera pragmatique. Et dans ce jeu-là, l’humiliation ne viendrait pas d’un rejet, mais d’une surestimation prématurée des chances réelles.































