En quête d’une place en finale, la gymnaste algérienne a exécuté une « In-bar Tkatchev straddled with a 180° turn », un mouvement rarissime qui exige à la fois une puissance explosive, une précision chirurgicale dans la rotation et un sens du timing parfait. La difficulté de l’enchaînement a immédiatement marqué les juges et les spécialistes présents sur place. Sa prestation a été récompensée par une note impressionnante de 15,200 points, confirmant son statut d’athlète d’exception. Mais au-delà du score, c’est l’audace de la tentative qui retient l’attention : à ce niveau de compétition, très peu d’athlètes prennent le risque de proposer un élément jamais validé auparavant. Nemour, elle, transforme le risque en signature.
Si la Fédération internationale de gymnastique valide officiellement cette figure, elle pourrait être inscrite dans le Code des points sous un nom familier : The Nemour II. La championne possède déjà un mouvement reconnu à son nom, et cette nouvelle innovation lui permettrait d’entrer dans un cercle très restreint de gymnastes ayant plusieurs éléments homologués, à l’image de légendes comme Svetlana Khorkina ou Simone Biles. Ce serait un accomplissement rarissime, mais aussi un symbole fort pour l’Algérie et pour l’Afrique, longtemps absentes des grandes révolutions techniques de la gymnastique mondiale. Nemour ne se contente plus de gagner : elle redéfinit les standards.
À seulement 18 ans, la gymnaste algérienne incarne une génération qui refuse les limites traditionnelles. Chaque nouvelle figure devient un message : l’innovation n’a pas de frontière géographique. À Cottbus, elle n’a pas seulement impressionné, elle a inspiré. Car au-delà des médailles et des notes, ce sont les traces laissées dans l’histoire qui définissent les grandes championnes. Et si la validation officielle tombe dans les prochains jours, Kaylia Nemour ne sera plus seulement une championne olympique. Elle deviendra une référence technique gravée dans le marbre de la gymnastique mondiale.































