Algérie – Arabie Saoudite : Noureddine Zekri vient de franchir un cap symbolique dans sa trajectoire d’entraîneur. Après avoir construit patiemment sa réputation sur les bancs du championnat saoudien, le technicien algérien a été officiellement nommé à la tête d’Al Shabab, l’un des clubs les plus structurés et les plus ambitieux du Royaume. Une annonce qui ne surprend qu’à moitié tant son nom circulait depuis plusieurs semaines dans les cercles du football local, mais qui marque néanmoins un tournant majeur dans une carrière souvent associée aux missions difficiles, aux opérations sauvetage et aux défis sous haute tension. À 61 ans, Zekri n’arrive pas en Arabie Saoudite comme un pari exotique, mais comme un entraîneur reconnu, respecté, et surtout identifié comme un spécialiste du pragmatisme, capable de faire performer un groupe sans effets de manche.
Car si Zekri a souvent été cantonné à des clubs en difficulté, c’est justement parce qu’il a bâti sa crédibilité dans l’urgence. Dans un championnat où la pression est immédiate et où les changements d’entraîneur se font parfois au rythme des résultats hebdomadaires, l’Algérien s’est imposé comme une valeur sûre. Son style, discipliné et rigoureux, repose sur une lecture réaliste des forces disponibles, une organisation défensive solide et une capacité à imposer une culture de l’effort. Zekri n’a jamais été un adepte du spectacle gratuit : il préfère la stabilité au chaos, la structure à l’improvisation. Cette approche lui a permis de durer, d’obtenir des résultats concrets et de laisser une empreinte durable dans plusieurs clubs saoudiens, où son sérieux et son exigence ont été régulièrement salués. Dans un environnement où l’on cherche souvent des solutions rapides, il a été l’un des rares entraîneurs capables de créer une dynamique durable, même dans des contextes fragiles.
Cette fois, la mission change de dimension. Al Shabab n’est pas un club qui vise simplement à survivre : c’est une institution qui aspire à retrouver les sommets et à jouer les premiers rôles dans une Saudi Pro League devenue ultra compétitive. La nomination de Zekri ressemble donc à une reconnaissance, presque à une récompense tardive. Après avoir longtemps été associé aux “missions impossibles”, il obtient enfin l’opportunité d’entraîner une équipe capable d’ambitions élevées, avec des moyens supérieurs et une exigence différente. Mais ce défi est aussi plus risqué : à ce niveau, la patience est rare, et l’obligation de résultats est immédiate. Zekri devra donc prouver qu’il peut faire plus que sauver des clubs : il devra installer une identité, gagner des matchs importants et répondre aux attentes d’un public qui ne se contente pas d’une saison correcte.
Pour le football algérien, cette nomination a également une portée particulière. Voir un entraîneur algérien accéder à un banc aussi prestigieux dans le Golfe rappelle que l’expertise locale peut exister au plus haut niveau, même dans un marché où les techniciens européens dominent souvent l’attention médiatique. Zekri arrive à Al Shabab avec une réputation de bâtisseur solide. Reste maintenant à savoir s’il peut transformer cette réputation en succès durable dans un club où la pression ne pardonne rien.




























