Dans le monde du football, où les carrières se font et se défont au gré des transferts et des ambitions, il est rare d’entendre un entraîneur de renom confesser ses failles avec autant de sincérité. Sept ans après avoir tourné la page marocaine, Hervé Renard a profité d’une intervention dans le podcast Colinterview ce mardi 17 février 2026 pour livrer un témoignage poignant, teinté de nostalgie et, surtout, de profonds regrets. Celui qui dirige actuellement l’Arabie saoudite ne s’est pas contenté de revenir sur son passage sur le banc des Lions de l’Atlas ; il a qualifié son départ d’erreur majeure dans son parcours professionnel.
Le technicien double champion d’Afrique a d’abord tenu à clarifier sa position, souvent jugée polémique, lors de la Coupe du monde 2022. À l’époque, alors que le Maroc s’apprêtait à affronter la France en demi-finale, Renard n’avait pas caché son soutien au royaume chérifien. Une déclaration qui avait fait couler beaucoup d’encre dans l’Hexagone, mais qu’il assume aujourd’hui avec une authenticité désarmante. « J’ai une partie de mon cœur là-bas », a-t-il affirmé, expliquant qu’il avait façonné et vécu une aventure humaine de trois ans et demi avec près de 70 % de l’effectif qui a atteint le dernier carré au Qatar sous la houlette de Walid Regragui. Pour lui, voir ses anciens protégés briller sur la scène mondiale était une source de bonheur immense, rendue possible par la ferveur d’un public qu’il qualifie d’exceptionnel.
Mais au-delà de cet attachement sentimental, c’est le constat lucide sur la gestion de sa propre carrière qui marque les esprits. Interrogé sur son départ de la sélection marocaine en juillet 2019, Hervé Renard a été sans équivoque : « Je n’aurais jamais dû partir ». Initialement lié à la Fédération royale marocaine de football jusqu’en 2022, il avait choisi de rompre son engagement prématurément. Avec le recul et en observant l’ascension fulgurante du football marocain ces dernières années, l’entraîneur français reconnaît que cette décision était une faute stratégique et émotionnelle. Il admet que, dans une vie professionnelle, on commet des erreurs, et que celle-ci figure en haut de sa liste.
Cette déclaration d’amour tardive s’est également manifestée lors de la récente Coupe d’Afrique des Nations 2025, organisée précisément au Maroc. Renard a révélé avoir soutenu les Lions de l’Atlas tout au long de la compétition, fidèle à ses convictions et à ce lien indéfectible qui l’unit au pays. Il évoque avec émotion les souvenirs de la Russie en 2018, où 40 000 supporters marocains avaient envahi les tribunes face au Portugal, créant une atmosphère de passion pure qu’il n’a retrouvée nulle part ailleurs.
Le mea culpa d’Hervé Renard résonne comme un hommage vibrant à une terre de football qui l’a marqué à jamais. En affirmant être quelqu’un d’« entier » qui refuse de faire semblant, il clôt un chapitre avec une honnêteté qui force le respect. Si le temps ne peut être remonté, ces paroles viennent sceller une réconciliation symbolique avec un public qui ne l’a jamais vraiment oublié. Pour les observateurs, c’est aussi le rappel que derrière le prestige des contrats, l’alchimie entre un coach, son équipe et un peuple reste le moteur le plus puissant du succès, et que la briser prématurément laisse parfois des cicatrices qui ne se referment jamais tout à fait.






























