Dans le tumulte permanent qui semble s’être emparé de l’Olympique de Marseille en ce début d’année 2026, une lueur d’espoir brille avec une intensité inattendue. Alors que l’institution phocéenne traverse une crise majeure, marquée par des remous en coulisses et des résultats en dents de scie, un homme porte l’attaque olympienne à bout de bras : Amine Gouiri. L’attaquant international algérien réalise un début d’année civile tout simplement exceptionnel, au point de voir son nom circuler aux côtés des plus grandes stars de la planète football.
Le constat, appuyé par les statistiques rigoureuses d’Opta, est saisissant. Depuis le 1er janvier 2026, Gouiri s’est imposé comme le joueur non-européen le plus prolifique des cinq grands championnats du Vieux Continent. Avec un total impressionnant de sept buts inscrits en seulement onze apparitions, il domine des classements où l’on a davantage l’habitude de croiser des noms ronflants. Sur cette période précise, le Marseillais fait mieux que le Brésilien Vinicius Junior, l’Égyptien Mohamed Salah ou encore les champions du monde argentins Lautaro Martinez et Julian Alvarez. Même le Colombien Luis Diaz ne parvient pas à suivre la cadence infernale imposée par l’ancien Rennais.
Cette métamorphose est d’autant plus spectaculaire que le début de saison de l’attaquant avait été particulièrement laborieux. Longtemps freiné par une blessure tenace qui l’avait cruellement privé de la dernière Coupe d’Afrique des Nations, Gouiri semblait errer sur le terrain, ne comptabilisant qu’une seule petite réalisation avant la trêve hivernale. Mais le retour des vestiaires en 2026 a sonné l’heure de la rédemption. Plus tranchant dans ses appels, d’une justesse technique retrouvée et d’un sang-froid glacial devant le but, il a su transformer sa frustration passée en une efficacité redoutable.
Pourtant, Gouiri réalise ces prouesses dans un contexte marseillais que l’on pourrait qualifier de volcanique. L’OM navigue à vue après une série de séismes internes : l’élimination brutale en Ligue des Champions, une défaite humiliante face au rival parisien et, surtout, un banc de touche devenu instable après le départ précipité de Roberto De Zerbi. Entre les démissions et les crises institutionnelles impliquant la direction, le club aurait pu s’effondrer. C’est précisément là que la performance de l’Algérien prend toute sa valeur : il parvient à s’extraire de la morosité ambiante pour devenir l’unique motif de satisfaction des supporters olympiens.
Ce regain de forme tombe à point nommé, non seulement pour son club, mais aussi pour l’équipe nationale d’Algérie. À l’approche de la Coupe du Monde 2026, voir l’un de ses fers de lance bousculer la hiérarchie mondiale des buteurs est une nouvelle qui réjouit autant à Alger qu’à Marseille. Pour Vladimir Petkovic, le sélectionneur des Fennecs, pouvoir s’appuyer sur un Gouiri en pleine possession de ses moyens, capable de rivaliser statistiquement avec l’élite mondiale, est un luxe inestimable pour les échéances internationales à venir.
Aujourd’hui, Amine Gouiri n’est plus seulement un jeune talent en devenir ou un joueur de complément ; il est devenu le baromètre offensif d’un OM en quête de repères. Si le football reste un sport collectif, l’aventure individuelle de l’attaquant algérien prouve que le talent peut fleurir même sur un terrain miné par l’instabilité. Reste à savoir si cette réussite personnelle saura insuffler une nouvelle dynamique au groupe marseillais pour sauver une saison qui, sans les éclairs de son numéro 10, aurait déjà pu sombrer dans l’oubli.





























