Car le classement révèle aussi une réalité de plus en plus marquante : la montée en puissance de certaines ligues qui, il y a quelques années, étaient considérées comme secondaires. L’Afrique du Sud, quatrième avec 110 points, se rapproche dangereusement de l’Algérie et affiche une dynamique claire, portée par des clubs structurés, puissants financièrement et mieux préparés à la rigueur des campagnes africaines. Le cas de la Tanzanie, cinquième avec 83 points, est tout aussi significatif : cette progression traduit un développement réel du championnat local, soutenu par des clubs ambitieux qui commencent à s’imposer dans les matchs à élimination directe. Ce classement, souvent sous-estimé du grand public, représente pourtant un baromètre stratégique. Il ne mesure pas seulement les résultats d’un club, mais la santé globale d’un football national, sa capacité à produire des équipes capables de rivaliser régulièrement sur la scène continentale.
Pour l’Algérie, la troisième place est un signal à double lecture. D’un côté, elle confirme que le championnat algérien conserve une présence solide dans le paysage africain, notamment grâce aux performances régulières de ses clubs ces dernières années. De l’autre, elle souligne l’urgence de stabiliser cette position, car l’écart avec l’Afrique du Sud est désormais mince et pourrait se réduire rapidement si les représentants algériens connaissent une saison blanche. La question devient donc structurelle : comment renforcer la compétitivité sur la durée, améliorer la gestion des effectifs, la préparation physique, l’organisation des déplacements, et surtout la capacité à performer à l’extérieur, là où de nombreuses campagnes algériennes ont souvent perdu leur équilibre.
À ce stade de la saison, ce classement rappelle une évidence : en Afrique, le prestige ne suffit plus. Les points se gagnent sur le terrain, mais aussi dans la planification, l’investissement et la continuité. L’Égypte domine, le Maroc résiste, l’Algérie tient, mais la pression derrière est réelle. Et si les clubs algériens veulent préserver leur statut, ils devront transformer chaque campagne continentale en une véritable bataille de survie sportive.






























