Le joueur a notamment évoqué un moment qui l’a profondément marqué : le “couloir d’honneur” improvisé lors de son retour à l’entraînement. Un geste simple, mais lourd de sens dans un quotidien où l’émotion est souvent dissimulée derrière l’exigence de performance. « C’était un moment incroyable de voir toutes ces personnes, même celles que je ne vois pas tous les jours. Nous sommes habitués à voir le staff technique, mais voir tous les employés et tous ceux qui travaillent autour du centre de Luchin, c’était très fort pour moi », a confié Bentaleb, touché par cet élan collectif. Cette scène a servi de déclic, comme si le joueur comprenait à cet instant que sa bataille ne se limitait pas à son corps, mais concernait aussi un entourage qui refusait de le voir sombrer. Car derrière la récupération médicale, il y a eu une lutte mentale, plus silencieuse, mais parfois plus brutale.
Bentaleb ne l’a pas éludé. Il a parlé sans détour de cette phase sombre, où l’angoisse et le doute ont failli l’engloutir. « Quand tu vois qu’il y a des gens qui croient en toi, ça te pousse à te battre et à revenir plus fort. Le conseil que je me donne aujourd’hui, c’est de ne pas m’inquiéter, parce que demain sera meilleur. L’idée de l’espoir est très importante », a-t-il déclaré, admettant même avoir flirté avec la dépression durant sa convalescence. Un aveu rare dans le football de haut niveau, où la vulnérabilité est souvent perçue comme une faiblesse. Pourtant, chez Bentaleb, cette transparence renforce la portée de son retour : ce n’est pas seulement un joueur qui revient, mais un homme qui a réappris à se projeter.
Aujourd’hui, malgré le dispositif médical qu’il porte, le milieu algérien affirme avoir retrouvé sa sérénité sur le terrain. « Je suis totalement calme. On ne peut pas exercer ce métier en ayant peur, et on ne peut pas être efficace en pensant au pire. Quand tu entres sur le terrain, tout s’évapore », assure-t-il. Cette lucidité s’accompagne d’une prise de conscience plus profonde, presque philosophique, sur la finitude d’une carrière. « Je sais que ces moments ont une date de péremption. Je me suis rapproché de la fin après ce qui m’est arrivé, et je me suis demandé si c’était vraiment la fin. Aujourd’hui, j’ai appris à apprécier chaque minute que je joue », conclut-il. Un discours fort, qui dépasse le football et transforme chaque match en victoire personnelle.
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