Près d’un mois après la finale de la CAN 2025 qui a opposé le Sénégal au Maroc, l’épisode de la serviette d’Édouard Mendy continue de susciter curiosité et débats. Pour Hervé Renard, ancien sélectionneur du Maroc et fin connaisseur du football africain, cette histoire dépasse largement le simple geste d’un joueur ou d’un membre du staff. Selon lui, derrière ce qui peut sembler anodin, se cache une dimension culturelle et symbolique qui échappe souvent à la perception européenne. Alors qu’il est cité pour reprendre la sélection algérienne, en cas de départ de Petkovic, Hervé Renard, en défendant le Maroc, aura grillé sa carte.
Invité du podcast Colinterview, le technicien français, qui a dirigé des équipes comme le Ghana, la Zambie, l’Angola, la Côte d’Ivoire et l’USM Alger, a expliqué que le tissu en question, utilisé par le gardien sénégalais, n’était pas qu’une simple serviette. « La serviette a quelque chose », a-t-il insisté. Hervé Renard précise que, dans certaines traditions africaines, certains objets utilisés par les sportifs peuvent être investis d’une signification particulière, voire d’une symbolique mystique. Le vol ou l’appropriation de tels objets peut donc être perçu comme une tentative de perturber l’adversaire sur le plan psychologique, voire spirituel.
Le Français souligne que cette pratique peut sembler incompréhensible pour ceux qui ne connaissent pas les codes et croyances africains. « Les gens qui ne connaissent pas l’Afrique, ils ne peuvent pas connaître la vraie raison de la serviette. Si quelqu’un a voulu l’enlever, c’est pour perturber », explique-t-il. Pour Hervé Renard, la serviette pouvait avoir été bénie ou chargée d’un symbole protecteur pour le joueur, et sa tentative de soustraction ne relevait pas d’un simple caprice mais d’une intention précise liée aux superstitions ou croyances locales.
Cette analyse met en lumière une facette souvent méconnue du football africain, où certains gestes ou rituels ont une valeur symbolique très importante pour les joueurs et les équipes. Hervé Renard insiste sur le fait que, dans ce contexte, chaque détail compte et peut influencer l’état d’esprit des joueurs. Ce genre de pratiques, qui peut paraître étrange aux observateurs européens, fait partie intégrante de la préparation mentale et culturelle des équipes africaines.
L’ancien sélectionneur marocain conclut en rappelant que ces éléments symboliques, bien que non tangibles, ont un impact réel sur le déroulement des rencontres. « Chacun voit la chose de son côté, comme il a envie de la voir, mais je vais le dire, ce n’était pas juste prendre une serviette », affirme-t-il. Son témoignage invite à une meilleure compréhension des codes du football africain et des subtilités qui entourent la gestion mentale et émotionnelle des joueurs.































