Maroc : le Maroc a décidé de sortir de son cadre habituel pour préparer la Coupe du monde 2026, en programmant deux rencontres amicales au mois de mars, loin de ses bases. Les Lions de l’Atlas affronteront ainsi l’Équateur en Espagne, puis le Paraguay en France, dans une double confrontation pensée comme un test de haut niveau avant les prochaines échéances internationales. Ce choix marque un changement notable dans la stratégie de préparation marocaine, puisque la sélection n’avait plus disputé de match amical à l’étranger depuis une longue période, privilégiant ces dernières années des rencontres à domicile ou dans un cadre contrôlé. Cette série de matchs européens, en terrain neutre et face à des adversaires sud-américains réputés pour leur intensité, apparaît comme une volonté claire d’exposer le groupe à un football plus exigeant, proche de ce qu’il rencontrera en phase finale du Mondial.
Cependant, cette programmation soulève également de nombreuses lectures en interne. Au Maroc, le climat autour de la sélection reste marqué par la déception de la dernière Coupe d’Afrique des nations organisée sur son sol, une compétition où l’attente populaire était immense. Le sacre du Sénégal en finale, aux dépens du pays hôte, a laissé une cicatrice profonde dans l’opinion publique, et la tension demeure palpable autour du projet sportif. Dans ce contexte, certains observateurs estiment que cette décision de jouer en Espagne et en France ne relève pas uniquement d’un choix technique, mais aussi d’une volonté de s’éloigner temporairement de la pression locale. L’idée d’organiser un match au pays, dans un stade plein et dans un environnement potentiellement hostile, aurait pu être perçue comme un risque. La sélection marocaine, qui n’a plus la même indulgence populaire qu’après son parcours historique au Mondial 2022, doit désormais composer avec une exigence constante et une impatience grandissante.
Ce calendrier de mars pourrait donc servir de double réponse : sportive d’abord, en permettant à l’équipe de se mesurer à des adversaires capables de la pousser dans ses retranchements ; psychologique ensuite, en offrant un cadre plus neutre pour reconstruire une dynamique et retrouver une confiance collective. Les coéquipiers d’Achraf Hakimi auront l’occasion de travailler dans un environnement européen, face à des blocs agressifs et bien structurés, ce qui peut représenter une étape utile dans la préparation d’un tournoi mondial qui se jouera aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Reste désormais à voir si cette stratégie suffira à apaiser les tensions et à relancer l’enthousiasme autour des Lions de l’Atlas, ou si ces déplacements seront perçus comme un simple moyen d’éviter un public encore marqué par la dernière désillusion continentale. Une chose est sûre : le Maroc avance vers 2026 avec un contexte bien plus complexe qu’il y a deux ans.



























