Maroc : trois semaines après la finale de la CAN 2025 perdue à domicile face au Sénégal, le Maroc semble encore prisonnier d’une frustration collective qui refuse de retomber. L’échec en finale, vécu comme une occasion historique manquée, continue d’alimenter les débats, parfois jusqu’à l’excès. Et dans ce climat électrique, Achraf Hakimi se retrouve aujourd’hui au cœur d’une polémique inattendue, née d’un simple échange privé devenu viral. Une situation révélatrice d’une tension qui dépasse largement le cadre sportif.
Ces derniers jours, une séquence circulant sur les réseaux sociaux montre le capitaine des Lions de l’Atlas en discussion vidéo avec Omar Sy, acteur français d’origine sénégalaise, à la veille du choc Sénégal–Maroc. Une conversation manifestement amicale, sans arrière-pensée, mais qui a suffi à déclencher une vague de réactions violentes. Certains internautes marocains, encore marqués par la défaite, ont interprété ce moment comme une preuve de légèreté, voire d’un manque d’engagement émotionnel. Pour eux, un capitaine doit incarner une forme de dureté et de concentration absolue. Résultat : des voix se sont élevées pour réclamer que Hakimi ne porte plus le brassard, accusé de ne pas avoir « l’esprit de guerre » exigé à ce niveau.
La critique a même pris une tournure absurde. Certains l’ont attaqué en estimant qu’il faisait « de la promotion » pour son café ouvert à Casablanca, comme si la moindre initiative personnelle devenait suspecte dans un contexte de déception nationale. D’autres commentaires ont basculé dans la théorie du bouc émissaire : « Voilà pourquoi on a perdu. Regragui parle de ses voisins et lui fait des calls avec les adversaires », peut-on lire. Une lecture déformée, où un échange humain est transformé en acte de trahison symbolique.
Pourtant, sur le terrain, Hakimi avait plutôt donné des signes de sacrifice. Longtemps incertain avant le tournoi en raison d’une blessure à la cheville, le latéral du Paris Saint-Germain avait tout fait pour revenir à temps et tenir sa place. Même diminué physiquement, il a livré une compétition globalement solide. Mais dans l’après-défaite, la logique du football s’efface parfois devant celle des émotions. Et au Maroc, cette finale perdue semble avoir ouvert une brèche : celle où chaque détail devient un procès.
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