Algérie – Imane Khelif : Imane Khelif n’a pas seulement remporté une médaille d’or aux Jeux olympiques de Paris 2024, elle a aussi traversé l’une des tempêtes médiatiques les plus violentes qu’une sportive algérienne ait connue. Sacrée championne olympique chez les -66 kg, la boxeuse est entrée dans l’histoire par la grande porte, mais son exploit a été parasité par une polémique malsaine, alimentée par des accusations absurdes et une vague de haine déferlant sur les réseaux sociaux. Désormais âgée de 26 ans, l’Algérienne a accepté de revenir sur cette période, marquée par une pression démesurée et une exposition brutale, au point de fragiliser son équilibre personnel et familial. Derrière l’image d’une combattante impériale sur le ring, il y avait une jeune femme contrainte de gérer l’injustice et l’humiliation en silence.
Dans un témoignage poignant, Khelif a reconnu que la violence des attaques l’avait profondément atteinte. « Ce qui m’est tombé dessus était trop grand pour moi », a-t-elle confié, avant d’insister sur la dimension humaine de cette affaire. « Ce qui m’a le plus blessée, c’est que j’ai une famille : ma mère, mon père, mes petites sœurs, mes petits frères… Cette polémique a eu un énorme impact sur ma vie. » Pendant les Jeux, l’athlète a tenté de se protéger, évitant d’entrer dans le débat malgré les insinuations persistantes et les commentaires relayés par des personnalités influentes. Elle explique avoir pris une décision claire : s’éloigner de ce poison numérique. « Je ne regarde pas les réseaux sociaux, j’ai compris que c’était un espace où les gens pouvaient t’attaquer sans savoir, sans te connaître, et c’est dangereux. » Une phrase simple, mais lourde de sens, qui résume la brutalité de l’époque et la solitude d’une sportive livrée au tribunal permanent d’internet.
La championne olympique révèle également les conséquences psychologiques durables de cette affaire, bien après la fin des JO. « Ma mère, ma petite sœur et moi avons suivi des consultations chez des psychologues pendant plus d’un an après les Jeux », a-t-elle raconté, soulignant l’ampleur des blessures invisibles. Le choc fut tel que sa propre mère a vacillé. « Ma mère m’a dit : “C’est trop dur à supporter.” Les attaques étaient si virulentes qu’elle m’a conseillé d’arrêter la boxe. Moi aussi, j’y ai pensé. Mais quand je regarde ma médaille, tout s’efface. » Dans cette phrase, tout est dit : la douleur, le doute, puis la force du symbole. Car au-delà du bruit, au-delà des accusations, l’histoire retiendra une réalité implacable : à Paris, Imane Khelif a gagné, et elle l’a fait avec courage.
































