Algérie – France : au Vélodrome, les soirées ne sont jamais neutres. Elles peuvent basculer d’un instant à l’autre, au rythme des émotions d’un public qui ne pardonne ni l’hésitation ni la demi-mesure. Mardi, face à Rennes en Coupe de France, l’Olympique de Marseille a validé son billet pour les quarts de finale, et Amine Gouiri a largement participé à ce succès, avec un but et une passe décisive. Pourtant, malgré son influence évidente sur le jeu marseillais, l’international algérien a vécu un épisode révélateur de l’exigence locale : au moment de sa sortie, une partie des tribunes l’a sifflé, comme si sa prestation ne suffisait pas à effacer un détail, une occasion manquée, un geste qui aurait pu changer le scénario.
Depuis son retour de blessure, Gouiri affiche pourtant des statistiques solides et un rôle central dans l’animation offensive de l’OM. Mais Marseille traverse une période instable, où chaque match ressemble à un examen public. Dans ce climat, l’attaquant algérien a manqué l’opportunité de s’offrir un doublé, quelques instants avant son remplacement. Deux minutes plus tard, lorsqu’il a cédé sa place à Pierre-Emerick Aubameyang, la réaction du stade a été immédiate. En zone mixte, Gouiri n’a pas esquivé le sujet et a répondu avec une lucidité rare : « C’est à cause de l’occasion ratée. Moi-même, je suis un attaquant, j’aime marquer. Je sais que je dois la mettre au fond et je pense que c’est par rapport à ça. Je n’ai pas entendu que des sifflets. Il y a eu aussi des applaudissements et ça, je l’ai retenu. Mais bon, après, je pense que je les comprends parce que je dois la mettre au fond. Et si je l’avais mis au fond, ils auraient crié mon nom. Mais le plus important aujourd’hui, c’était la victoire et la qualification. »
Ce discours traduit l’état d’esprit d’un joueur conscient de ses responsabilités, mais aussi de la brutalité du football marseillais, où l’amour et la critique se confondent parfois dans le même souffle. En conférence de presse, Roberto De Zerbi a lui aussi résumé cette dualité, entre satisfaction et exigence : « Je suis content de lui, il a fait un bon match. Le but qu’il rate ? Je l’aurais tué. Mais il a fait de bonnes choses. Son entrée à Paris Samedi ne m’a pas plu mais je le lui ai dit. C’est un garçon en or, un joueur extraordinaire, il doit lui aussi augmenter les attentes envers lui même. » À Marseille, Gouiri n’est pas seulement jugé sur ce qu’il produit, mais sur ce qu’il est censé incarner. Et dans une saison où l’OM cherche de la stabilité, chaque détail devient une affaire de symbole.
































