La rupture entre Djamel Belmadi et la sélection algérienne restera comme l’un des épisodes les plus marquants et les plus sensibles du football algérien moderne. Après plus de cinq années à la tête des Verts, couronnées par un titre historique à la Coupe d’Afrique des nations 2019, l’aventure s’est achevée dans la douleur, sans communiqué consensuel, sans hommage officiel… et surtout sans la moindre indemnité financière pour l’ancien sélectionneur.
L’élimination prématurée de l’Algérie lors de la CAN 2023 en Côte d’Ivoire a servi de point de rupture. Un nouvel échec continental, après celui de 2021, qui a définitivement fragilisé la position de Belmadi. Dans les heures qui ont suivi la désillusion, la Fédération algérienne de football a tenté de gérer la situation par une sortie négociée. Le président Walid Sadi avait proposé une résiliation à l’amiable assortie d’une indemnité correspondant à trois mois de salaire.
Mais le contexte était explosif. Djamel Belmadi, profondément affecté par les critiques, s’estimait trahi après des années de loyauté et de résultats historiques. Refusant le compromis proposé, il a quitté l’Algérie sans signer le moindre document officiel. Une décision lourde de conséquences, qui a plongé le dossier dans un flou juridique total.
Face à cette situation bloquée, la FAF a rapidement pris ses responsabilités. Estimant le poste de sélectionneur vacant, elle a tourné la page Belmadi et lancé un nouveau cycle avec la nomination de Vladimir Petkovic en février 2024. Un choix stratégique visant à apaiser le climat et à redonner une dynamique sportive à l’équipe nationale.
Pourtant, sur le plan contractuel, Djamel Belmadi semblait disposer d’arguments solides. Un avenant signé sous l’ancienne direction de la FAF, menée par Djahid Zefizef, ne prévoyait pas d’objectifs sportifs clairs permettant une rupture anticipée du contrat. La seule clause évoquant une séparation concernait une éventuelle non-qualification pour la Coupe du monde 2026, qui n’était pas encore actée au moment de son départ.
Pendant plusieurs mois, la menace d’un recours devant la FIFA a plané. Mais Belmadi n’est jamais passé à l’acte. Or, le règlement de la FIFA est strict : toute réclamation liée à une rupture contractuelle doit être déposée dans un délai de deux ans. Ce délai a officiellement expiré le 31 janvier 2026, deux ans jour pour jour après le versement du dernier salaire de l’ancien sélectionneur.
En l’absence de toute démarche juridique, le dossier est désormais définitivement clos. Aucune indemnité ne sera versée, aucun contentieux ne sera ouvert. Une fin discrète, presque silencieuse, pour une aventure qui avait pourtant fait vibrer tout un pays en 2019.
Aujourd’hui à la tête d’Al Duhail au Qatar, Djamel Belmadi semble avoir choisi de regarder vers l’avenir. Pour la FAF comme pour l’ancien sélectionneur, la page est tournée. Reste le souvenir contrasté d’une ère marquée par un sommet continental historique… et une sortie qui laissera longtemps un goût d’inachevé.































