La situation contractuelle de Vladimir Petkovic avec la sélection algérienne commence à susciter de plus en plus d’interrogations, à mesure que l’échéance de la Coupe du monde 2026 se rapproche. Actuellement, le technicien suisse est lié à la Fédération algérienne de football jusqu’à la fin du Mondial prévu entre juin et juillet 2026, compétition pour laquelle il a d’ores et déjà qualifié les Verts. Toutefois, au-delà de ce rendez-vous planétaire, l’avenir de la collaboration reste totalement flou, ce qui place la FAF face à un véritable casse-tête stratégique.
Ce scénario n’est pas sans rappeler un précédent douloureux dans l’histoire récente du football algérien. Après la Coupe du monde 2014 au Brésil, la Fédération s’était retrouvée incapable de retenir Vahid Halilhodzic, malgré un parcours mémorable et une qualification historique en huitièmes de finale. À l’époque, même une intervention au plus haut sommet de l’État de l’ex président Bouteflika n’avait pas suffi à convaincre le technicien bosnien de poursuivre l’aventure. Aujourd’hui, le risque de revivre une situation similaire n’est plus une simple hypothèse théorique, mais une possibilité bien réelle.
Depuis sa prise de fonctions, Vladimir Petkovic laisse une impression contrastée auprès de l’opinion publique et des observateurs. Son passage lors de la CAN 2025 au Maroc en est l’illustration parfaite. D’un côté, certains choix forts et changements inspirés, notamment lors de la rencontre face à la République démocratique du Congo, ont montré sa capacité à lire un match et à renverser une situation. De l’autre, des décisions plus discutables, comme face au Nigeria, où le schéma tactique et la composition de départ ont été largement critiqués, ont semé le doute sur sa constance et sa gestion des moments clés.
Malgré ces réserves, le bilan chiffré plaide en sa faveur. L’Algérie a atteint les quarts de finale de la CAN, un résultat encourageant après deux éliminations consécutives dès le premier tour lors des éditions précédentes. Cette progression a été saluée au plus haut niveau de l’État, avec des félicitations officielles adressées à la sélection et à son staff. Sur le plan contractuel, ces résultats ont également eu des retombées concrètes, puisque Petkovic a perçu les primes prévues, aussi bien pour la qualification au Mondial que pour le parcours continental.
La Coupe du monde 2026 pourrait ainsi constituer un tournant décisif, voire un point final, dans son aventure avec les Verts. Tout dépendra du rendement de l’équipe sur le sol américain. Un parcours honorable, notamment un dépassement du stade des phases de groupes, renforcerait considérablement la position du sélectionneur dans d’éventuelles négociations. À l’inverse, une sortie prématurée pourrait pousser les deux parties à se séparer sans véritable regret.
Face à cette incertitude, la question de l’anticipation devient centrale. La FAF doit-elle attendre l’issue du Mondial pour se prononcer, au risque de perdre son sélectionneur sans solution immédiate, ou bien engager dès maintenant des discussions pour sécuriser l’avenir ? Une option pourrait consister à proposer une prolongation conditionnelle, avec des clauses automatiques liées aux performances de l’équipe nationale lors de la Coupe du monde. Une telle démarche permettrait de protéger les intérêts de la Fédération tout en offrant de la visibilité au staff technique.
Car le calendrier à venir ne laisse que peu de place à l’improvisation. Dès septembre 2026, les éliminatoires de la CAN 2027 débuteront, et se retrouver sans sélectionneur à ce moment-là serait un sérieux handicap. Un manque d’anticipation pourrait ainsi plonger de nouveau la sélection dans une période d’instabilité, similaire à celle vécue après 2014.
En définitive, le dossier Petkovic dépasse le simple cadre sportif. Il s’agit d’un choix stratégique majeur pour la FAF, qui devra tirer les leçons du passé et éviter de répéter les erreurs déjà commises. À Walid Sadi, aujourd’hui à la tête de l’instance, de gérer ce dossier avec lucidité et pragmatisme, afin de garantir une continuité technique indispensable au développement et aux ambitions futures de l’équipe nationale algérienne.

































