Une séquence diffusée récemment sur un plateau télévisé algérien a relancé le débat autour du rôle de Riyad Mahrez en sélection nationale. Selon cette version, le capitaine des Verts aurait, lors de la CAN 2025, outrepassé son rôle en tentant d’influencer certaines décisions techniques de Vladimir Petkovic, notamment lors du quart de finale perdu face au Nigeria (0-2). Une lecture des faits qui soulève toutefois de nombreuses zones d’ombre.
D’après cette rumeur, Mahrez aurait suggéré à la mi-temps l’entrée de Zinedine Belaïd et de Baghdad Bounedjah, alors que l’Algérie résistait difficilement au Nigeria. Le refus du sélectionneur aurait ensuite alimenté une forme de crispation interne, au point de faire naître l’idée d’un possible retrait du brassard de capitaine. Une hypothèse lourde de sens, mais qui repose davantage sur des interprétations que sur des éléments concrets.
Dans les faits, le statut de Riyad Mahrez au sein des Verts est indiscutable. Avec plus de 110 sélections, 37 buts et autant de passes décisives, l’ailier d’Al-Ahli incarne depuis près d’une décennie l’un des piliers de l’équipe nationale. Ce leadership naturel implique nécessairement des échanges réguliers avec le sélectionneur, en particulier dans les moments de tension d’un tournoi majeur. Mais dialoguer ne signifie pas décider.
Tout au long de la CAN 2025, Mahrez a d’ailleurs rappelé publiquement les contours de son rôle. À plusieurs reprises, il a insisté sur le fait que Vladimir Petkovic restait l’unique maître à bord sur le plan sportif. Une position cohérente avec le fonctionnement classique des sélections de haut niveau, où le capitaine agit comme relais, non comme co-entraîneur.
Un épisode précis est souvent cité pour alimenter les soupçons : la discussion observée entre Mahrez et Petkovic avant l’entrée d’Adil Boulbina lors du huitième de finale remporté face à la RDC. Boulbina avait alors inscrit le but décisif, sur une passe de Ramiz Zerrouki. Interrogé après la rencontre, Mahrez avait immédiatement désamorcé toute polémique, expliquant que le changement relevait exclusivement du choix du staff, tout en soulignant l’importance d’accompagner les jeunes joueurs.
Quant au match face au Nigeria, aucune image, aucun geste, aucune réaction visible ne vient étayer l’idée d’un conflit ouvert. Les changements opérés en seconde période ont concerné Mahrez lui-même, ainsi que Zerrouki et Maza, sans qu’aucune tension ne soit perceptible sur le banc ou sur la pelouse. Les observateurs présents comme les images télévisées ne montrent aucun signe de rupture entre le sélectionneur et son capitaine.
De son côté, Vladimir Petkovic n’a jamais dissimulé la relation particulière qu’il entretient avec Mahrez. Avant même le début de la CAN, il expliquait accorder une attention spécifique à son capitaine en raison de son expérience et de son vécu avec la sélection. Un discours qui traduit une logique de respect mutuel, et non une dilution de l’autorité technique.
À l’approche de la Coupe du monde 2026, l’idée d’un retrait du brassard ou d’une mise à l’écart du leader des Verts apparaît donc peu crédible. Plus qu’une information avérée, cette histoire ressemble à une extrapolation nourrie par la déception sportive et par un climat où chaque décision est scrutée à la loupe.
Dans un contexte aussi sensible, la prudence reste de mise : entre rumeur et réalité, la frontière est parfois mince, mais les faits, eux, demeurent têtus.





























