Patrice Motsepe – Maroc : la trajectoire de Patrice Motsepe illustre une réussite rare, à la croisée du pouvoir économique et de l’influence sportive. Président de la Confédération africaine de football depuis 2021, l’homme d’affaires sud-africain s’impose aujourd’hui comme l’une des figures majeures du continent, bien au-delà des terrains. Selon des estimations économiques récentes, sa fortune personnelle dépasserait désormais les quatre milliards de dollars, un seuil symbolique qui le place parmi les entrepreneurs les plus prospères d’Afrique et dans le cercle très fermé des grandes fortunes mondiales. Cette ascension financière n’est ni soudaine ni liée à ses fonctions sportives : elle est le fruit d’un parcours industriel méthodiquement bâti, bien avant son arrivée à la tête du football africain.
L’essentiel de la richesse de Motsepe provient du secteur minier, pilier historique de l’économie sud-africaine. Fondateur et président d’un groupe spécialisé dans l’exploitation de ressources stratégiques, notamment l’or et le cuivre, il a su tirer profit d’investissements ciblés et d’une diversification progressive de ses activités. À ces ressources s’ajoutent des intérêts dans les services, l’énergie et d’autres secteurs connexes, renforçant un modèle économique résilient face aux fluctuations des marchés. Cette solidité financière lui a permis de s’imposer durablement parmi les grandes fortunes africaines, mais aussi d’intégrer le cercle des mille personnalités les plus riches à l’échelle mondiale, un statut qui confère une crédibilité particulière à ses prises de position internationales.
Cette dimension économique nourrit inévitablement son rôle institutionnel à la tête de la CAF. Depuis son élection, Motsepe a souvent insisté sur sa volonté de repositionner le football africain dans une logique de gouvernance moderne et de développement durable. « Le football africain doit être géré comme une véritable industrie, avec transparence et ambition », a-t-il déclaré à plusieurs reprises, affirmant vouloir attirer davantage d’investissements et renforcer l’autonomie financière des compétitions continentales. Sa fortune personnelle, loin d’être un simple détail, influence la perception de son action : elle alimente à la fois l’idée d’une indépendance vis-à-vis des pressions politiques et celle d’une vision managériale assumée. Dans un environnement où le football et l’économie sont de plus en plus imbriqués, le président de la CAF incarne une nouvelle génération de dirigeants africains, capables de naviguer entre pouvoir sportif et puissance financière, avec l’ambition affichée de faire entrer le football du continent dans une autre dimension.
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