Algérie – France : le dossier Himad Abdelli s’est transformé en feuilleton tendu à mesure que les jours du mercato hivernal s’égrènent. Annoncé tout proche de l’Olympique de Marseille, le milieu algérien se retrouve désormais dans un entre-deux inconfortable, à la frontière du sportif et du psychologique. Écarté du groupe d’Angers SCO pour le déplacement au Paris FC, Abdelli paie une situation devenue explosive, où l’attente d’un transfert se heurte à la fermeté de sa direction. À huit jours de la fermeture du marché, l’élan initial semble s’être émoussé du côté marseillais, tandis que le joueur, lui, donne l’impression d’avoir la tête ailleurs, pris au piège d’une négociation qui s’enlise malgré un accord personnel déjà bouclé.
Le discours officiel d’Angers tente d’apaiser, sans vraiment convaincre. Le directeur sportif Laurent Boissier a justifié la mise à l’écart du joueur en des termes clairs : « Himad est en réserve car aujourd’hui, il ne se sent pas prêt à nous aider, tout simplement. Alex (Dujeux) a besoin d’une équipe avec des mecs qui sont mentalement prêts à 100% à effectuer des matchs de haut niveau. » Dans le même souffle, il se montre compréhensif quant au rêve marseillais du joueur : « Je comprends qu’un garçon ait un rêve dans sa vie et que son rêve soit l’Olympique de Marseille. Qui n’aurait pas envie d’y aller. Himad a beaucoup donné pour nous. Il donne encore beaucoup. (…) S’il ne part pas, bien sûr qu’il réintégrera le groupe. » Derrière ces mots, la réalité financière pèse lourd : Angers réclame quatre millions d’euros pour libérer un joueur en fin de contrat en juin, un montant jugé excessif par les prétendants, au regard d’une valeur marchande estimée plus élevée mais d’un horizon contractuel très court.
À Marseille, la prudence est désormais de mise. Le recrutement de Quinten Timber, en provenance du Feyenoord Rotterdam où évolue Anis Hadj Moussa, a changé la donne et atténué l’urgence. Le responsable du recrutement phocéen Mehdi Benatia l’a reconnu sans détour : « Il faut rester cohérent sur les montants. On n’a pas encore trouvé d’accord, on n’en trouvera peut-être pas. Peut-être qu’il pourra venir en juillet, c’est aussi une possibilité. » Cette incertitude prolongée n’est pas sans conséquences pour Abdelli, qui avait choisi la fidélité la saison passée pour aider Angers à se maintenir. Aujourd’hui, le temps presse, les positions se durcissent, et l’issue reste incertaine. Dans ce jeu d’attente, c’est surtout l’équilibre mental du joueur qui semble le plus exposé.































