Maroc – Roi : Après des semaines de silence, de
spéculations et de tensions ouvertes, le retour de
Hakim Ziyech
sur un terrain officiel s’annonce comme l’un des moments les plus
scrutés du football marocain récent. Écarté de la sélection
nationale dans un climat lourd, marqué par ses prises de position
publiques sur des sujets extra-sportifs, le milieu offensif
s’apprête à renouer avec la compétition sous les couleurs du
Wydad
Casablanca, un club chargé d’histoire et de
symboles. Ce premier match attendu ce dimanche ne ressemble à aucun
autre dans la carrière du joueur. Il intervient à un moment où
Ziyech n’a plus rien à prouver sur le plan du talent, mais beaucoup
à exprimer sur celui de la résilience et de la réponse sportive,
dans un contexte où chaque geste sera interprété, chaque ballon
analysé.
Ce retour ne s’inscrit pas dans
une simple logique de relance athlétique. Il porte une dimension
presque politique, tant la trajectoire récente du joueur a été
bousculée par des décisions venues d’en haut. Écarté des plans de
l’équipe nationale marocaine après une période de fortes
crispations institutionnelles, Ziyech a vu son image se transformer
: de leader technique incontesté, il est devenu une figure
clivante, commentée bien au-delà des terrains. En choisissant de
reprendre la compétition dans un cadre local, au sein d’un club
populaire et exposé, le joueur envoie un message clair sans avoir
besoin de mots. Le football redevient son seul terrain
d’expression. À 31 ans, il sait que le temps ne joue plus pour lui,
mais l’expérience accumulée dans les grands championnats européens
lui offre une arme précieuse : la maîtrise des moments sous
pression.
Sportivement, l’attente est immense. Le Wydad
espère que Ziyech pourra rapidement apporter sa qualité de passe,
sa vision du jeu et son sang-froid dans les zones décisives, même
si le staff se montre prudent quant à son état physique réel après
une période sans compétition officielle. Ce premier match sera
avant tout un test, autant pour le joueur que pour l’environnement
qui l’entoure. Les tribunes observeront, les caméras disséqueront,
et le moindre éclair technique pourrait suffire à relancer un récit
que beaucoup pensaient clos. Sans déclaration fracassante ni
revanche verbale, Hakim Ziyech semble avoir choisi une autre voie :
celle du terrain, là où les réponses sont les plus brutales, mais
aussi les plus crédibles.
Lire aussi : Algérie – Maroc : « Ma mission s’est achevée
»