Algérie – Petkovic : La campagne européenne d’Anis Hadj Moussa s’impose comme l’un des rares motifs de constance et de clarté dans une saison de Ligue Europa souvent heurtée pour Feyenoord Rotterdam. Capitaine assumé dans l’attitude sinon dans le brassard, l’ailier algérien s’est affirmé comme le principal animateur offensif de son équipe sur la scène continentale. Dans un tournoi où l’efficacité se mesure autant à la capacité de créer qu’à convertir, Hadj Moussa a imposé son tempo, multipliant les prises d’initiative et les situations dangereuses. Son influence ne se limite pas aux statistiques brutes : elle se lit dans la manière dont Feyenoord progresse, s’installe et respire avec le ballon, malgré un classement général peu flatteur.
Les chiffres, pourtant, parlent d’eux-mêmes. Avec 19 occasions créées, Hadj Moussa est le joueur qui a le plus alimenté le danger dans cette édition de la UEFA Europa League. Un total révélateur d’une activité constante entre les lignes, d’une qualité de passe dans le dernier tiers et d’une lucidité rare dans la prise de décision. En sept apparitions européennes, l’Algérien a inscrit deux buts et délivré une passe décisive, mais son apport dépasse largement ces contributions directes. Il a souvent été l’élément déclencheur des déséquilibres, celui qui force l’adversaire à se replier, à ajuster, parfois à subir. Dans un collectif parfois en manque de continuité, il a incarné un point d’ancrage fiable, capable de maintenir un niveau d’exigence élevé d’un match à l’autre.
Ce contraste entre l’impact individuel et la trajectoire collective souligne toute la complexité du parcours européen de Feyenoord, actuellement relégué à la 26e place du classement de la compétition. Loin des standards habituels du club néerlandais, cette position traduit des manques structurels et une irrégularité que même les meilleures individualités peinent à compenser seules. Pour Hadj Moussa, cette campagne agit néanmoins comme un révélateur. Elle confirme sa capacité à porter un rôle central dans un contexte européen exigeant, à assumer la responsabilité créative et à s’inscrire dans la durée. À l’approche des échéances internationales, cette montée en puissance ne passe pas inaperçue. Dans un football où la création devient une denrée rare à haut niveau, l’Algérien envoie un signal clair : malgré les difficultés collectives, il est prêt à assumer un statut supérieur, là où la pression et l’exigence ne laissent aucune place à l’approximation.





























