Algérie – Petkovic : Le retour du protégé de Petkovic en équipe d’Algérie, Ahmed Kendouci, sur les terrains européens ne se lit pas uniquement à travers des statistiques ou des titularisations successives. Il se mesure surtout dans le regard de son entraîneur, dans le tempo qu’il retrouve progressivement, et dans la patience qu’impose une blessure lourde quand elle coupe un joueur en pleine ascension. À Lugano, le milieu de terrain algérien avance à son rythme, conscient que le plus dur n’est pas de rejouer, mais de redevenir pleinement soi-même. Longtemps éloigné des pelouses après une blessure sérieuse, Kendouci entame une phase charnière de sa saison, où chaque match disputé sert avant tout à reconstruire des sensations, du coffre et une continuité indispensable à son registre. Dans un championnat exigeant sur le plan athlétique, l’Algérien n’est pas encore revenu à 100 %, mais les signaux envoyés ces dernières semaines confirment une trajectoire claire : celle d’un joueur en phase de réappropriation de son jeu.
Son entraîneur, Mattia Croci-Torti, ne s’en cache d’ailleurs pas et assume un discours mesuré, loin des jugements hâtifs. « Kendouci revient d’une blessure très grave, il a encore besoin de temps avant de retrouver son niveau », a-t-il expliqué, rappelant que la précipitation serait contre-productive. Mais le technicien suisse insiste aussi sur les progrès visibles : « Lors des deux derniers matchs, nous avons vu tout ce qu’Ahmed Kendouci peut apporter à notre équipe. Nous sommes satisfaits de son engagement avec nous. » Une déclaration qui en dit long sur la confiance maintenue envers le joueur, malgré les limites physiques encore perceptibles. Le message est clair : le club ne doute ni de son sérieux ni de sa valeur intrinsèque, mais sait que le rendement optimal passera nécessairement par une montée en puissance progressive, sans brûler les étapes.
Reste désormais un point central à franchir pour que Kendouci redevienne un élément structurant de son équipe, et potentiellement une option crédible à moyen terme pour la sélection algérienne : la condition physique. « Il doit améliorer sa condition athlétique, c’est ce qui fera de lui un joueur important pour nous », a conclu Croci-Torti, traçant ainsi la feuille de route du milieu algérien. À 25 ans, Kendouci se trouve à un moment clé de sa carrière : suffisamment mûr pour comprendre ses besoins, mais encore dans un âge où le corps peut répondre aux exigences du haut niveau. Sa situation actuelle n’est pas un recul, mais une transition, un passage obligé après une épreuve lourde. Pour l’Algérie, comme pour Lugano, le véritable enjeu n’est pas l’urgence, mais le timing. Et si la patience est respectée, Ahmed Kendouci pourrait bien redevenir, dans les mois à venir, ce milieu complet et influent que beaucoup n’ont pas oublié.


































