Algérie – Maroc : le match pour la troisième place de la CAN 2025, disputé samedi entre l’Égypte et le Nigeria, n’avait rien d’une formalité anodine. Derrière l’intitulé parfois réducteur de « petite finale », il s’agissait d’un affrontement chargé de symboles entre deux géants du continent, chacun désireux de conclure le tournoi avec un lot de consolation à la hauteur de son statut. Les Super Eagles, déjà marqués comme l’un des grands bourreaux de la compétition après avoir éliminé l’Algérie en quart de finale, abordaient cette rencontre avec une volonté affirmée de finir sur le podium. Dès les premières minutes, le Nigeria imposait un tempo élevé, multipliant les projections offensives et les situations de déséquilibre, tandis que l’Égypte cherchait d’abord à se rassurer par la maîtrise et l’expérience de ses cadres, Mohamed Salah en tête. Malgré quelques opportunités de part et d’autre, la première période restait vierge, révélatrice d’un duel tendu, fermé, où chaque équipe craignait de s’exposer inutilement.
Au retour des vestiaires, le scénario ne changeait guère dans son essence, mais gagnait en intensité. Le Nigeria poursuivait son pressing haut et sa domination territoriale, trouvant à plusieurs reprises le chemin des filets sans jamais voir ses tentatives validées. Un but refusé pour hors-jeu, un autre pour une faute préalable, et les Super Eagles se heurtaient à la fois à la rigueur de l’arbitrage et à leur propre manque de précision dans le dernier geste. En face, les Pharaons peinaient à installer leur jeu, souvent contraints de défendre bas face à la vitesse et à la puissance du trio offensif nigérian. Ce n’est que dans le dernier quart d’heure que l’Égypte parvenait à inverser légèrement la dynamique, en se projetant davantage vers l’avant, sans toutefois parvenir à rompre l’équilibre. Le 0-0 au terme du temps réglementaire reflétait finalement assez fidèlement la physionomie d’un match indécis, crispé et disputé.
La séance des tirs au but venait alors départager deux équipes usées mentalement et physiquement. Dans cet exercice, le Nigeria confirmait ce qui avait déjà été entrevu tout au long du tournoi : une solidité nerveuse et une efficacité implacable dans les moments clés. Avec quatre tentatives transformées contre seulement deux pour l’Égypte, les Super Eagles s’adjugeaient la médaille de bronze, validant ainsi une campagne globalement cohérente. Cette victoire venait également renforcer l’impression laissée face à l’Algérie en quart de finale, où le Nigeria avait déjà démontré sa capacité à gérer la pression des matchs à élimination directe. Pour l’Égypte, la déception était réelle, mais ce match de classement soulignait surtout les limites d’une équipe qui, malgré son vécu, n’a jamais réellement trouvé son rythme dans cette CAN. Le Nigeria, lui, quittait la compétition avec la satisfaction d’avoir tenu son rang, en s’installant une nouvelle fois parmi les places fortes du football africain.
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