L’élimination de l’Algérie en quart de finale de la CAN a laissé un constat plus subtil qu’un simple déficit individuel. Face à un Nigeria mieux armé dans l’intensité et la projection, les Verts ont surtout payé une inadéquation entre leur structure défensive et les exigences du football africain de très haut niveau, désormais aligné sur des standards proches de l’élite mondiale. Plus que des noms, c’est une manière de défendre qui a été mise en difficulté : blocs trop bas, manque d’agressivité à la première relance adverse, difficultés à défendre en avançant. Dans un contexte où la Coupe du monde 2026 approche, cette réalité oblige le sélectionneur Vladimir Petkovic à repenser le socle défensif non pas dans l’urgence, mais dans une logique d’évolution contrôlée.
Car le football moderne n’accorde plus de délai d’adaptation aux défenses statiques. Les attaques rapides, menées par des profils explosifs comme Victor Osimhen ou Ademola Lookman, imposent une réponse collective fondée sur la vitesse de lecture, la coordination et la capacité à couvrir de grands espaces. Pour l’Algérie, cela signifie dépasser la simple alternance entre cadres expérimentés et jeunes promesses. Le véritable enjeu réside dans la constitution d’un axe défensif capable d’évoluer haut, de relancer proprement sous pression et de soutenir un pressing coordonné. Petkovic, adepte d’un football structuré et rationnel, sait que ce chantier prendra du temps, mais aussi qu’il ne peut plus être différé sans conséquences sportives.
Dans cette optique, la transition générationnelle apparaît moins comme une rupture que comme une continuité à organiser intelligemment. Les profils émergents issus des centres européens, formés à des exigences tactiques élevées, offrent une palette nouvelle que l’Algérie n’avait pas toujours su exploiter par le passé. L’intégration progressive de jeunes défenseurs, encadrés par des éléments plus aguerris, doit permettre d’éviter le piège du renouvellement brutal. Plus qu’un casting, c’est une culture défensive qu’il s’agit de reconstruire, fondée sur l’anticipation plutôt que la réaction. À l’horizon 2026, les Verts ne seront jugés ni sur leur potentiel ni sur leur passé, mais sur leur capacité à s’adapter à un football qui ne pardonne plus les approximations. La CAN a servi d’alerte. La réponse, elle, devra être structurelle, patiente et cohérente.

































