Algérie – Égypte : la sortie de route de l’Égypte en demi-finale de la CAN 2025 face au Sénégal a laissé des traces bien au-delà du terrain. Dans les heures qui ont suivi la défaite, un malaise profond s’est installé au sein de la délégation égyptienne, convaincue que le contexte global du tournoi n’a pas joué en sa faveur. Loin d’une réaction à chaud dictée par la frustration sportive, les dirigeants des Pharaons ont dressé un constat plus large, mettant en cause une accumulation de dysfonctionnements qu’ils estiment incompatibles avec les standards d’une compétition continentale de ce niveau. Pour Le Caire, la CAN 2025 restera comme un tournoi où l’environnement a parfois pris le pas sur le football.
Les critiques ont d’abord porté sur la gestion logistique du tournoi. Du côté égyptien, on a eu le sentiment d’un traitement inégal entre les sélections engagées dans le dernier carré. Les déplacements imposés, les conditions d’hébergement jugées insuffisantes et l’absence de stabilité géographique ont été vécus comme un désavantage réel dans une phase où la récupération physique est déterminante. Cette impression de déséquilibre s’est renforcée par la comparaison avec d’autres équipes, installées durablement dans une même ville tout au long de la compétition. À cela se sont ajoutés des épisodes jugés troublants autour des zones mixtes et des espaces réservés aux équipes, alimentant l’idée d’une organisation parfois permissive, voire défaillante, dans le contrôle des accès et du protocole.
Mais c’est surtout l’arbitrage qui a cristallisé le malaise égyptien. Sans remettre officiellement en cause le résultat, les responsables des Pharaons ont exprimé de sérieux doutes sur la cohérence de certaines décisions prises lors de leur parcours. La désignation répétée de certains officiels, la gestion disciplinaire perçue comme sévère à leur égard et plusieurs situations de jeu interprétées défavorablement ont nourri un sentiment d’injustice difficile à évacuer. Dans un contexte continental où la crédibilité arbitrale demeure un enjeu central pour la Confédération africaine de football, cette polémique vient rappeler la fragilité de l’équilibre entre performance sportive et gouvernance institutionnelle. Désormais tournée vers son match de classement face au Nigeria au stade Mohammed V, l’Égypte tente de refermer une parenthèse douloureuse, tout en laissant planer un message clair : le football africain ne pourra grandir durablement sans une organisation irréprochable et une équité perçue par tous.

































