Algérie – Maroc : la CAN 2025 n’a pas seulement exposé les équipes et les joueurs à une pression sportive intense ; elle a aussi révélé, en coulisses, les conditions parfois éprouvantes dans lesquelles certains journalistes ont dû exercer leur métier. Envoyé spécial de Dzair Tube au Maroc, le journaliste Islam Grimesh a livré un témoignage troublant sur ce qu’il affirme avoir vécu durant la compétition. Selon lui, la forte audience enregistrée par sa chaîne, cumulant des millions de vues tout au long du tournoi, aurait attiré sur lui une attention particulière, devenue rapidement pesante. « Les audiences millionnaires de Dzair Tube ont fait que j’ai subi une énorme pression psychologique », a-t-il confié, décrivant un climat qu’il juge oppressant et incompatible avec un travail journalistique serein.
Islam Grimesh explique que l’identité éditoriale de sa chaîne, connue pour défendre ouvertement les positions algériennes, n’est pas passée inaperçue. « Notre chaîne défend toujours l’Algérie, et le logo Dzair Tube était visible au Maroc. Quand j’allais dîner, je remarquais des hommes derrière moi qui me suivaient dans tous mes déplacements », a-t-il raconté. Le journaliste affirme avoir ressenti une surveillance constante, nourrissant un sentiment d’insécurité permanent. Dans son récit, il va plus loin en évoquant une réalité sociale qu’il dit avoir observée sur place : « Le peuple, là-bas, on l’a encerclé derrière des murs fermés pour empêcher les étrangers de voir comment il vit. » Une perception personnelle qui s’inscrit dans un discours critique plus large, où l’expérience individuelle devient, à ses yeux, révélatrice d’un malaise plus profond.
Le témoignage prend une tournure encore plus grave lorsque le journaliste aborde les incidents nocturnes et les traitements différenciés entre médias. « La nuit, tout est permis. Malgré les caméras, tout ce qui est interdit devient autorisé. Même les harcèlements visaient uniquement les journalistes algériens, alors que d’autres bénéficiaient d’un transport gratuit », a-t-il affirmé. Le point culminant de son récit concerne une altercation directe avec un agent de sécurité. « Un agent est venu me pousser, m’insulter et me provoquer quand il a vu le logo Dzair Tube. Je jure que jusqu’à aujourd’hui, j’ai encore mal à la poitrine à cause du coup qu’il m’a porté. J’ai failli répondre, mais je me suis rappelé que j’étais ciblé », a-t-il déclaré. Ces propos, livrés sans détour, posent la question de la protection des journalistes en déplacement et de l’égalité de traitement entre médias lors des grandes compétitions. Sans généraliser ni accuser formellement des institutions, Islam Grimesh décrit une expérience marquée par la peur et la retenue, rappelant que derrière l’effervescence d’un tournoi continental, certains acteurs de l’ombre paient parfois un prix silencieux pour exercer leur métier.

































