Le cœur du dossier repose sur
une situation précise : la main du joueur nigérian
Junior Ajayi
dans sa propre surface. D’après le règlement IFAB, une main est
sanctionnable lorsqu’elle est décollée du corps et qu’elle «
augmente de manière non naturelle la surface corporelle ». Or, sur
les images de l’action concernée, la position du bras correspond
exactement à cette définition. Le texte est clair : l’intention
n’est pas un critère déterminant dès lors que la position du bras
crée un avantage défensif. En ce sens, l’Algérie remplissait toutes
les conditions réglementaires pour obtenir un penalty. Ce point
technique, longtemps négligé dans le débat public, replace la
discussion sur un terrain strictement juridique et enlève toute
ambiguïté sur l’interprétation des Lois du jeu.
Cette confirmation
réglementaire renforce considérablement la position algérienne dans
un contexte déjà tendu. Elle vient appuyer les démarches
institutionnelles engagées après la rencontre et crédibilise le
sentiment d’injustice exprimé par de nombreux observateurs neutres.
Plus encore, elle pose une question de fond sur l’application du
règlement lors des grands rendez-vous continentaux. Si les arbitres
se réfèrent tous au même corpus de règles, comment expliquer un tel
écart entre le texte et la décision prise sur le terrain, malgré
l’assistance vidéo ? Cette interrogation dépasse largement le cadre
d’un simple match : elle touche à la cohérence et à la fiabilité de
l’arbitrage africain à un niveau où la moindre décision peut faire
basculer une compétition.
Pour l’Algérie, cette lecture
officielle du règlement n’efface évidemment pas l’élimination, mais
elle apporte un éclairage déterminant. Elle transforme une
polémique en dossier étayé, fondé sur des bases juridiques solides.
Dans une CAN 2025 déjà marquée par de multiples controverses, ce
cas précis pourrait bien devenir un précédent, tant il illustre
l’écart parfois abyssal entre la lettre des Lois du jeu et leur
application effective. À défaut de refaire le match, ce rappel du
règlement oblige désormais les instances à répondre sur le fond, là
où le débat n’est plus une question d’opinion, mais de conformité
aux règles qu’elles ont elles-mêmes adoptées.
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