L’élimination de la Tunisie de la CAN 2025 face au Mali, au terme d’une séance de tirs au but cruelle, a provoqué une onde de choc bien au-delà du simple résultat sportif. Dans la foulée de ce scénario renversant, Hafid Derradji a livré une analyse à chaud sur ses réseaux sociaux, résumant avec une lucidité tranchante le sentiment d’incompréhension qui entoure le parcours tunisien. En quelques lignes, il a mis le doigt sur un paradoxe devenu familier : une équipe capable de se transformer en l’espace de quelques jours, passant d’une prestation jugée poussive face à la Tanzanie à un visage bien plus conquérant, animé par une intensité et un état d’esprit nettement supérieurs. Cette métamorphose, saluée par beaucoup, n’a pourtant pas suffi. La Tunisie a vu la qualification lui échapper dans les toutes dernières secondes du temps réglementaire, concédant une égalisation face à un Mali réduit à dix depuis la première période. Une bascule brutale, presque irréelle, qui a fait vaciller les certitudes et rouvert les débats.
Car le match en lui-même racontait une autre histoire. La Tunisie avait retrouvé de la cohésion, une structure plus claire et une capacité à rivaliser dans les duels, donnant l’impression d’avoir enfin trouvé la bonne formule au moment où le tournoi entre dans sa phase la plus exigeante. Face à elle, le Mali a longtemps semblé sous contrôle, pénalisé par son infériorité numérique et contraint de défendre bas. Pourtant, comme souvent à la CAN, la logique du jeu n’a pas résisté à celle des détails. Une seconde d’inattention, une gestion approximative des derniers instants, et tout a basculé. L’égalisation malienne à la 90e minute a transformé un match maîtrisé en un combat nerveux, puis en une loterie fatale lors des tirs au but. C’est précisément ce contraste que Derradji souligne : la Tunisie a montré un meilleur visage, mais a payé cash son incapacité à tuer le match quand l’occasion se présentait.
Au fond, cette sortie prématurée interroge moins le niveau que la constance. La Tunisie n’a pas manqué de qualité sur ce tournoi ; elle a manqué de continuité. Elle a prouvé qu’elle pouvait hausser son niveau de jeu, mais aussi qu’elle restait vulnérable aux moments charnières, là où l’expérience et la maîtrise émotionnelle font la différence. Les propos de Derradji, loin d’être une simple réaction à chaud, résonnent comme un constat plus large sur le football tunisien contemporain : un potentiel réel, mais une difficulté persistante à transformer les temps forts en résultats durables. Dans une CAN où chaque détail pèse lourd, la Tunisie sort avec le sentiment amer d’avoir laissé filer plus qu’un match. Elle a laissé filer une opportunité, au moment précis où elle semblait enfin prête à la saisir.
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