Algérie – CAN : Il existe des moments dans une carrière qui n’ont pas besoin d’être longs pour être décisifs. Pour Ilan Kebbal, milieu du Paris FC, ces premières minutes disputées en Coupe d’Afrique des Nations (CAN) sous le maillot de l’équipe d’Algérie ont pris la dimension d’un souvenir fondateur. Une courte apparition, un temps de jeu mesuré, mais un événement assez fort pour qu’il décide d’en faire une déclaration publique. Sur Instagram, l’international algérien a écrit : « Fier d’avoir disputé mes premières minutes dans cette CAN. Merci au peuple algérien pour l’accueil à mon entrée. 🇩🇿 ». Ces quelques mots, partagés en silence sur un écran, résonnent pourtant comme un chapitre entier. Car derrière l’émotion, il y a la trajectoire : celle d’un joueur qui a longtemps dû justifier son profil, qui a attendu sa fenêtre, et qui a enfin entendu son nom prononcé dans un stade africain, avec une nation entière comme témoin.
Dans une Algérie où la concurrence au milieu de terrain n’a jamais été aussi féroce, Kebbal avance dans un environnement où chaque centimètre gagné peut prendre des mois. Les projecteurs, ces dernières semaines, se sont plutôt tournés vers Ibrahim Maza, Himad Abdelli ou encore Ramiz Zerrouki, dont les performances ont façonné le jeu algérien en phase de groupes. Pourtant, l’apparition de Kebbal n’est pas une anecdote. Elle rappelle l’importance de la profondeur, de la patience, de l’idée même d’un collectif qui ne vit pas uniquement de ses figures principales. Il est entré, il a touché le ballon, il a senti le rythme, il a entendu des milliers de voix l’accueillir — et cette sensation, racontée brièvement sur les réseaux, montre qu’il ne s’agit pas d’un passage. Il s’agit d’un début. Le football de sélection ne pardonne pas l’attente : il punit les absences, récompense les mètres courus, et se souvient parfois d’un visage avant un but.
Pour Kebbal, cette CAN est peut-être autant un apprentissage qu’un terrain de conquête. Il sait que les grandes minutes ne lui sont pas promises — il n’est pas présenté comme un premier choix, ni comme un pilier. Mais il sait aussi que les grandes histoires se bâtissent parfois sur des détails minuscules. Si l’Algérie poursuit sa route, si un match bascule dans la tension, si Petkovic regarde derrière lui en cherchant quelqu’un capable d’apporter de la rupture, de la justesse technique, un joueur capable de se glisser entre les lignes : Kebbal pourrait devenir cette carte qui change un scénario. C’est pourquoi ses mots ont une portée plus profonde qu’un simple remerciement. Ils disent qu’il est prêt, qu’il existe, qu’il appartient. Pour ceux qui portent le maillot vert, le combat commence au moment où l’hymne retentit. Pour lui, il a commencé au moment où il a accepté que l’histoire devait s’écrire sur un banc, avant de descendre sur la pelouse.
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